Lyon 1ère

Auvergne-Rhône-Alpes adopte un "budget de rupture", boycotté par certains opposants

Jeudi 14 Avril 2016

Le conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes a adopté ce jeudi un "budget de rupture" pour 2016, en l'absence d'une partie de l'opposition de gauche et du Front national.
 
Ce budget, qui s'élève à 3,1 milliards d'euros et prévoit 75 millions d'économies de fonctionnement, a été voté par 108 voix pour et 8 contre, celles du Rassemblement citoyens-écologistes-solidaires.
 
Le texte prévoit une subvention de 4,7 millions d'euros en faveur du projet de Center Parcs à Roybon (Isère), malgré la suspension par la justice administrative de ce chantier controversé.
 
"Je suis fier que le premier budget de la région Auvergne-Rhône-Alpes n'augmente pas la dépense et les impôts et relance l'investissement", s'est félicité le nouveau président Laurent Wauquiez (Les Républicains).
 
"Notre choix, c'est de tourner la page aux gaspillages", a souligné Laurent Wauquiez, pour qui "si on ne fait rien, la région sera en faillite en 2020".

Sa "dette a augmenté de 1,6 milliard d'euros" sous  la précédente mandature, a-t-il fait valoir. "C'est une vraie nouvelle donne(...) ça permet de montrer qu'on a un vrai changement et que c'est une rupture avec toutes les anciennes pratiques", a poursuivi le successeur de Jean-Jack Queyranne (PS).
 
 

Avec les représentants du PS, du PC et du PRG, le chef de file socialiste, Jean-François Debat a boycotté les débats en raison de la "manière autocratique de gérer la région" du nouveau patron de l'exécutif.
 
Les élus de l'opposition déplorent de ne pas avoir pu se pencher en amont sur les éléments précis et détaillés du budget dont l'examen était initialement prévu jeudi et vendredi.
 
"Ce débat est un mascarade, vous débattrez seul de ce budget, nous ne participerons pas", a lancé JF. Debat.
 
"Par ce geste fort, symbolique et exceptionnel, on a voulu alerter nos concitoyens sur le fait que ce n'est pas acceptable, mais dès demain on défendra pied à pied les politiques régionales", a expliqué M. Debat lors d'une conférence de presse improvisée.
 
"Votre premier budget, vous le voterez entre vous et mon groupe ne participera pas. Vous avez installé un grand n'importe quoi, vous avez organisé le dysfonctionnement général", a pour sa part fustigé le patron du groupe Front National, Christophe Boudot. "Nous retirons tous nos amendements", a-t-il dit.
 
Elu en décembre à la tête de la nouvelle région, M. Wauquiez, dont le vote du budget était le baptême du feu dans ses nouveaux habits de président de l'exécutif régional, a critiqué vertement l'attitude de l'opposition.
 
"Certains dans l'opposition ont choisi d'être une opposition debout qui rend des comptes à ses électeurs en s'opposant et sans ménager ses coups (...) d'autres ont donné une image pitoyable de ce que peut être la politique dans ce qu'elle a de plus caricaturale", a-t-il raillé.
Ces derniers, a-t-il dit, "ont préféré fuir le débat de fond".
 
Seuls les élus du Rassemblement citoyen écologique et solidaire ont participé à la discussion budgétaire.
 
Comme les autres partis d'opposition, "on est scandalisé des conditions de travail du budget (...) mais nous resterons dans cette assemblée pour faire entendre nos électeurs", a déclaré Monique Cosson, une des élues vertes.
 


Avec AFP


 
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