Lyon 1ère

"C'est mal barré": pas facile de tracter pour Fillon même dans le 6ème arrondissement de Lyon

Samedi 11 Février 2017

 "C'est mal barré": pas facile de tracter pour Fillon même dans le 6ème arrondissement de Lyon
"Oh là là, c'est mal barré." Pour son premier tractage en faveur de François Fillon, Camille est assez dépité. Il faut dire que samedi matin, sur le marché du 6eme pourtant acquis à la droite, l'accueil est froid, voire houleux.

Ils sont une poignée de militants Les Républicains à l'entrée du marché de la Tête d'Or, dans le chic 6e arrondissement. Ils distribuent, ou plutôt tentent de distribuer, la "Lettre aux Français" que le candidat à la présidentielle a écrite cette semaine.

"Je suis vraiment désolée, ce qu'il se passe enlève quand même de la crédibilité à Monsieur Fillon. Mais je vais quand même prendre votre lettre", leur glisse une dame âgée, cachée sous un chapeau orange dans un froid soleil d'hiver.

"J'ai toujours été en faveur du Front national mais le programme de Fillon, je le trouvais pas mal. Finalement il me renvoie au FN, ça me déçoit beaucoup", lâche un autre, Jean-Michel.

Pour défendre leur champion, les militants récitent les éléments de langage: "c'est le seul à avoir un programme", "c'est l'homme de la situation pour l'Europe et face à la conjoncture internationale".

Ils sont requinqués par quelques passants: "bon, allez, on est fidèle"; "J'espère qu'il va réussir à remonter la pente, bon courage, essayez de persuader".

Du courage, il en faut. Une vieille dame roule presque sur les pieds d'un militant avec son charriot. "On a toujours été de droite mais là, ils sont TOUS pourris. Et la gauche, c'est de la merde. On votera blanc ou Le Pen, faut essayer", tonne-t-elle en traversant la rue en trombe.

"Ah, non, sûrement pas", répond une autre quand on lui tend la fameuse lettre.

Une quinquagénaire s'arrête. Très maquillée, manteau de fourrure blanc, croix bariolée autour du cou. "Je suis quand même très perturbée. On est en train, enfin, les médias sont en train de me voler cette élection. Après sa femme, maintenant ses enfants...", confie cette ancienne sarkozyste pour qui "quand on critique les autres, il faut être blanc soi-même".

"Vous dire que c'est facile, ce serait vous mentir", admet Dominique Nachury, députée LR de la circonscription. "Mais nous, on y croit, on croit à nos idées, à notre famille politique (...) Et je voudrais pas que toutes ces questions occultent le bilan de François Hollande et ses valses-hésitations".

La parlementaire, qui figure sur l'organigramme de campagne de François Fillon dans la case "animation/mobilisation", ne s'attarde pas après avoir fait le tour du marché et reçu quelques marques d'encouragement.

Un de ses attachés parlementaires lui assure qu'à la permanence, il reçoit surtout des messages de soutien. "Je suis ici ce matin en dehors de mon temps de travail", tient-il à préciser et une passante en profite pour l'interpeller.

"J'ai regardé la vidéo d'Envoyé spécial: Madame Fillon n'a jamais été l'assistante parlementaire de son mari. Moi je veux bien être payée 3.600 euros pour tenir son agenda et répondre au téléphone", accuse-t-elle. Pour elle, "il y a le légal, et d'un autre côté, le moral".

Au même moment, une dizaine de "marcheurs" débarquent avec des tracts d'Emmanuel Macron. L'accueil est courtois même si beaucoup ici pensent que l'ancien ministre de l'Économie est "trop jeune".

Mais Camille, qui milite à droite depuis 2005, ne se laisse pas impressionner. "Il faut résister", glisse ce retraité d'un air malicieux.


Avec AFP

 
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