Lyon 1ère

David Kimelfeld: l'héritier de Collomb a-t-il les épaules assez larges ?

Lundi 10 Juillet 2017

Successeur de Gérard Collomb à la métropole de Lyon, David Kimelfeld s'inscrit dans la droite ligne de son mentor mais doit prouver qu'il dispose des mêmes capacités manoeuvrières pour s'imposer à la tête d'une collectivité plus compliquée qu'il n'y parait.

"Politiquement, il ne pèse pas grand-chose", relève Gérard Angel, directeur de publication des Potins d'Angel.

A sa décharge, G. Collomb "n'a laissé d'espace à personne" et nombre de ses héritiers putatifs se sont retrouvés en disgrâce du jour au lendemain,
souligne-t-il.

David Kimelfeld, qui a fêté son 56e anniversaire le 17 juin, est souvent
décrit comme un homme affable, fidèle, ouvert au dialogue et ayant une bonne maîtrise de ses dossiers.

"Sympathique, bosseur, honnête, bon dans le contact avec ses administrés",
résume un adversaire.

C'est aussi un autodidacte, note Renaud Payre, directeur de Science-Po
Lyon, "cela témoigne d'une vraie force de caractère et le distingue de nombre
de ses prédécesseurs".

Celui que G. Collomb avait propulsé en 2012 à la tête de la fédération PS du Rhône vient par ailleurs du monde de l'entreprise, caractéristique rare
pour un ancien ponte socialiste.

Ce fils d'une employée de banque et d'un représentant de commerce avait
pourtant commencé sa vie professionnelle comme infirmier. Mais "un samedi matin, a-t-il raconté à l'AFP, le père d'un ami de lycée, qui avait une
entreprise de transport et cherchait des jeunes, me demande, presque sous forme de boutade, si ça m'intéresse. Le lundi, j'écrivais ma lettre de demande de disponibilité" à l'hôpital.

Lorsque son patron décide de vendre l'affaire, D. Kimelfeld et son camarade
se lancent. Aujourd'hui, leur entreprise spécialisée dans la commission de
transport, Tepmare, emploie une trentaine de personnes.

Côté idéologie, ce self-made man a depuis longtemps choisi son camp. A
l'été 2015, disait-il à l'AFP, "j'étais allé écouter Emmanuel Macron à la
réunion des Réformateurs. Je n'avais rien trouver à jeter dans son discours".

Venu au militantisme via le MRAP et adhérent à 27 ans au PS, Kimelfeld
met un temps son engagement en sourdine pour s'occuper de son entreprise.

Il revient en politique en 1998. Elu conseiller d'arrondissement trois ans
plus tard, il accède au poste de premier adjoint au maire du très bobo 4e.

Depuis, son ascension est spectaculaire : vice-président du Grand Lyon chargé du développement économique en 2008, il devient maire du 4e arrondissement en 2011 puis numéro 2 du Grand Lyon en 2014, devenu depuis métropole.

Juif marié à une musulmane, proche de l'entreprise, légitime sur le plan
politique, l'homme semble typique du consensus "à la lyonnaise".

Mais il va devoir manoeuvrer pour renforcer les liens avec les élus divers
droite de riches communes périphériques, dont sa majorité dépend, et composer avec les élus socialistes de Villeurbanne, méfiants vis-à-vis des volontés hégémoniques lyonnaises.

"A la tête du PS, David Kimelfeld n'a pas réussi du tout", estime G. Angel,
des dissensions internes faisant perdre aux socialistes les communes de Décines et Rillieux-la-Pape.

"Il n'a pas su taper sur la table en disant +ça suffit+. Cela a été très mal géré."

Renaud Payre, lui, ne croit pas au "manque d'épaules". "Sinon, Gérard
Collomb ne l'aurait pas chargé du dossier, majeur pour lui, du développement économique de la métropole". "C'est un homme de dossiers. Or diriger une
métropole, c'est un travail de dossiers".

"Mais, en politique, être dauphin, c'est un handicap, surtout quand, comme
David Kimelfeld, on affiche sa fidélité. S'il reste dans l'ombre de son mentor, il sera en position de faiblesse en 2020", lorsque l'exécutif métropolitain sera élu au suffrage universel direct. Et Gérard Collomb tenté par un retour ?


Avec AFP







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