Lyon 1ère

En Auvergne-Rhône-Alpes, le style Wauquiez bouscule

Jeudi 7 Avril 2016

Laurent Wauquiez se donnait 100 jours pour dessiner une nouvelle région. En trois mois, il a insufflé un nouveau style et fait beaucoup d'annonces, en s'attirant aussi les foudres de ses adversaires qui l'accusent de ne faire que de la com'.
 
Costume cintré, du haut de ses 40 ans, le n°2 deux de Les Républicains arrive en sifflotant en conférence de presse, rit aux éclats avec le maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb, lors d'une inauguration et parle de "rupture" sur tout : sur le budget de la région, le train de vie des élus, la gestion des TER... pour mieux trancher avec son prédécesseur, le socialiste
Jean-Jack Queyranne.
 
Les patrons en raffolent : "ça se passe super bien. Il a fait son trou avec les chefs d'entreprises. Il est plus direct", estime Emmanuel Imberton, président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Lyon Métropole.
 
Dans ses rangs, tout le monde est en ordre de bataille, même au centre où la posture très droitière du nouveau président pourrait heurter. Il est "très efficace, très présent", assure Sylvie Goy-Chavent, présidente du groupe UDI à l'assemblée régionale. "Il comprend vite, décide vite", embraye Patrick Mignola, vice-président MoDem aux Transports.
 
L'opposition, elle, est particulièrement virulente, le chef de file du FN, Christophe Boudot, en venant même à regretter à demi-mot un Queyranne "humain que tout le monde appréciait beaucoup".
 
Car Laurent Wauquiez coupe les micros des élus qu'il juge trop bavards fait des remarques qui se veulent amusantes mais sont "insultantes et agressives" pour le président du groupe PS, Jean-François Debat; reporte les réunions et présente le budget 2016 à la presse avant de l'avoir transmis aux élus, quitte à agacer jusque dans son camp.
 
"Il y a deux choses qu'il n'aime pas: la vérité et la contradiction. Ici la com' tient lieu de politique", l'accuse Jean-François Debat. Pour le FN, Laurent Wauquiez "confond vitesse et précipitation" et copie beaucoup son programme.
 
Sur le fond, qu'a fait Laurent Wauquiez en trois mois ?Il s'est engagé à soutenir à hauteur de 100 millions d'euros un projet de nouvelle autoroute entre Lyon et Saint-Étienne. Il a participé au sauvetage provisoire de l'emblématique musée des Tissus de Lyon. Il a annoncé, comme promis, qu'il voulait faire 75 millions d'économies en 2016 en rognant sur
tout, même sur les portables des élus ou en vendant 50 voitures du parc de la
collectivité.
 
Des promesses budgétaires intenables selon le chef de file des écologistes, Jean-Charles Kohlhaas. Mais dans la majorité, on se félicite de reprendre en main les finances d'une région qui a triplé sa dette en dix ans.
 
Il s'est également distingué en étant le seul président de région à refuser d'appliquer le plan de formation de 500.000 chômeurs de François Hollande.

Qui, selon lui, ne vise qu'à les "sortir des statistiques de Pôle emploi à quelques mois de la présidentielle".
 
La sécurité est un autre de ses chantiers. Et c'est sur ce sujet qu'il a enregistré sa première déconvenue.
 
L'installation de portiques de sécurité dans les lycées d'Auvergne-Rhône-Alpes était une des mesures phare de sa campagne, annoncée après les attentats du 13 novembre. Mais l'idée s'est heurtée au principe de réalité - combien de temps aurait-il fallu pour faire passer des centaines d'élèves sous des portiques semblables à ceux des aéroports ? - et à l'opposition de proviseurs et de parents. Au final, de simples tourniquets ou des verrières coulissantes comme dans le métro seront installés. De quoi surveiller les allées et venues sans détecter d'éventuelles armes.
 
Autant de postures jugées "populistes" par Jean-Jack Queyranne qui l'accuse d'utiliser la région comme un "laboratoire" pour "façonner un bloc de droite et de droite extrême" et une "machine de guerre en guettant la chute de Nicolas Sarkozy".

Avec AFP


 
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