Lyon 1ère

En plein "Penelopegate", Marine Le Pen met à jour son programme

Samedi 4 Février 2017

Pas de révolution, mais quelques évolutions sémantiques sur l'euro ou la peine de mort: Marine Le Pen, à Lyon pour deux jours d'"Assises présidentielles" le même week-end qu'Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, dévoile ses "144 engagements" dans le contexte volatil de l'affaire Fillon.

Alors que l'ancien ministre de l'Economie et le leader de "La France Insoumise" entendent aussi faire des démonstrations de force samedi et dimanche, Marine Le Pen, en tête des sondages de premier tour et donnée présente mais battue au second tour, tiendra un gros meeting dimanche après-midi, avec "plus de 5.000 inscrits". Il est le premier d'une série de dix réunions publiques jusqu'au premier tour, le 23 avril. Mediapart et "Quotidien" (TMC) n'y assisteront pas, refusés par le FN.

Dans la capitale des Gaules, la présidente du FN dévoile devant ses troupes sept grands thèmes de campagne: une France "libre", "sûre", "prospère", "juste", "fière", "puissante" et "durable".

Dans les continuités: deux référendums rapides sur "la priorité nationale" et les quatre "souverainetés", budgétaire, territoriale, monétaire et législative, à "récupérer"; la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisations; les 35 heures, négociables par branche; la fin de l'Aide médicale d'Etat, la "tolérance zéro"...

Les nouveautés programmatiques sont assez techniques, notamment des messages à l'attention des petites entreprises. Aucun chiffrage n'a été donné à la presse.

C'est principalement le vocabulaire qui a été lissé: pas de "sortie de l'euro" mais "rétablissement d'une monnaie nationale" ; "prime de pouvoir d'achat" plutôt qu'une "augmentation nette de 200EUR des salaires jusqu'à 1,4 fois le SMIC"; "remplacer les dispositions de la loi Taubira"...

La "perpétuité réelle" est désormais privilégiée à la peine de mort, même si Marine Le Pen, favorable à cette dernière, incite les Français à s'en "saisir" via un référendum d'initiative populaire nécessitant 500.000 électeurs.

"Dans un premier temps, ça sera moins détaillé", expliquait à l'AFP Jean Messiha, coordinateur du projet, convaincu que "l'élection ne se jouera pas à la virgule près, mais sur la vision".

A la tribune, samedi matin, ce haut fonctionnaire a prévenu aussi: "Sortir de l'UE, de l'euro", thèmes qui inquiètent les électeurs et suscitent les attaques des adversaires du FN, "ce ne sera pas une promenade de santé mais nous assumons l'incertitude de la liberté".

Marine Le Pen veut transformer cette présidentielle en référendum entre "patriotes" et "mondialistes". Ces derniers ont des visages multiples, selon David Rachline, directeur de campagne: Macron "l'assumé", Fillon "le honteux".

La situation politique évolue cependant sans cesse: François Hollande, Manuel Valls, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, Cécile Duflot hors jeu, c'est François Fillon qui est désormais aux prises avec une retentissante affaire d'emplois présumés fictifs de son épouse et de ses deux enfants. Un plan B encore indistinct n'est pas exclu chez LR.

Florian Philippot, bras droit de Marine Le Pen, l'a appelé vendredi à "se retirer".

Pour un conseiller, Mme Le Pen "apparaît comme la candidate stable" avec une "mission très difficile: s'assurer des reports de voix au second tour".

Aux régionales fin 2015, "la gauche s'est levée en masse" pour la droite et contre le FN. "A la présidentielle, ils vont bondir" pour l'écarter, s'inquiète-t-il.

Mme Le Pen et ses troupes tablent sur un affrontement de second tour avec l'ancien ministre de l'Economie, "assez bonne formule pour nous", selon un dirigeant, avec "un débat extrêmement clair entre deux visions de la société" et une possible "fracturation de la droite", objectif central du FN.

"Sur le papier, Macron a plus de chances" de l'emporter, concède cependant un proche de Marine Le Pen.

Celle-ci doit aussi boucler le financement de sa campagne, d'abord.

Eloigner "ses" affaires, ensuite, notamment celle de ses propres assistants parlementaires, sa secrétaire et son garde du corps. Jugeant leur emploi indu, le Parlement européen va commencer en février à retenir sur son salaire d'eurodéputée près de 340.000 EUR.

Deux des dirigeants du FN et des proches de Marine Le Pen sont en attente de leur procès en correctionnelle concernant le financement des campagnes présidentielle et législatives 2012.

 
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