Lyon 1ère

Johnny Hallyday, retour battant avec ses Vieilles Canailles à Lille...en attendant Pérouges

Dimanche 11 Juin 2017

Johnny Hallyday, retour battant avec ses Vieilles Canailles à Lille...en attendant Pérouges
"Je suis content d'être avec vous ce soir": Johnny Hallyday, qui lutte depuis plusieurs mois contre un cancer, a souffert, mais s'est battu pour réussir son retour sur scène samedi soir à Villeneuve d'Ascq, avec ses "Vieilles Canailles" Jacques Dutronc et Eddy Mitchell, à moins d'un mois de son passage très attendu à Pérouges...

Elle était attendue cette première date de la tournée qui mènera le trio
jusqu'à Carcassonne le 5 juillet, dernier des 17 concerts prévus pour cette reformation. L'étape au Printemps de Pérouges est programmée le 4 juillet.

Les trois septuagénaires ont fait leur entrée sur la scène du Stade Pierre
Mauroy à 21H05 sous les applaudissements.

Plus nourris pour Johnny. Nouvelle
ovation lorsque ce dernier a attaqué le troisième couplet des "Play-boys".

La voix est sûre, le regard perçant. Le plaisir d'être là, sous les yeux
amusés de ses copains et de sa femme Laeticia dans les gradins, est
manifestement grand.

Les fans semblent rassurés. Comme Robert, 54 ans, venu de la banlieue de
Lille qui confiait avant le concert: "C'est une surprise qu'il soit là avec ses soucis de santé".

La santé de "l'idole des jeunes" est en effet dans toutes les têtes depuis
qu'il a annoncé en mars qu'il se soignait pour un cancer.

Arrivé il y a une dizaine de jours en France en provenance de Los Angeles
où il vit et où il suit un traitement contre la maladie, la légende du rock
français est pourtant apparu déterminé en conférence de presse mardi.

"Je vais du mieux possible, je me soigne, je lutte, je me bats et j'espère
bien m'en sortir", a lancé le chanteur, qui aura 74 ans jeudi, ajoutant: "J'avais à coeur de faire cette tournée, car pour moi c'est bénéfique moralement".

Face au public lillois, qui lui "a toujours porté bonheur", il enchaîne par
"Noir c'est noir". Et, souriant, il ne manque pas d'ironie, Johnny, tout
habillé de noir, costume, chemise, cravate, à narguer par le chant le sort qui le frappe depuis plusieurs mois.

Car rien samedi soir ne l'empêche de faire ce qu'il aime le plus au monde:
se produire en public.

Qu'importe s'il lit un prompteur - comme ses deux camarades -, qu'importe s'il doit s'asseoir sur une chaise haute pour entonner "Les cactus".

L'épreuve semble pourtant très difficile sur ce titre chanté en duo avec Eddy. Johnny transpire, il puise, souffle, rate un couplet.

L'inquiétude frémit de toute part dans le public. A la fin de cette chanson, il part une première fois en coulisses, pendant qu'Eddy va au bar et
que Jacques chante seul "L'opportuniste".

Mais Johnny revient vite chanter son "Tennessee". Il commence "On a
tous..." et le public reprend "...quelque chose en nous de Tennessee".

Aidé, soutenu, aimé, il sourit, va mieux. Il est de nouveau en haut des montagnes russes.

Battant, il retrouve de la verve sur "Joue pas de rock'n roll" en duo avec
Eddy qu'il gratifie d'une bise à la fin.

Après "Be bop a lula", Johnny repart une deuxième fois en coulisses.

Bientôt ses deux chansons en solo approchent: "Gabrielle" et "Le pénitencier".

"Qu'est ce que je suis heureux d'être ici ce soir. Vous êtes un public formidable", lance-t-il alors que les spectateurs affluent vers la scène pour
immortaliser l'instant avec leurs smartphones, sous la surveillance sereine des agents de sécurité.

Quelques heures plus tôt, les fans s'étaient pressés à l'entrée du stade où
les mesures de sécurité étaient visibles avec plusieurs binômes de gendarmes
armés en patrouille à l'extérieur. Ils s'étaient soumis à des contrôles des
sacs et un passage au détecteur de métaux.

A l'intérieur de la salle, le déroulement du concert est millimétré. Les tubes s'enchaînent: "Vieille canaille", "Pas de boogie woogie"...

Johnny est toujours là. Il s'appuie sur son micro, se rassoit, mais sa voix tient le coup. Il va gagner cette bataille lilloise.

Johnny, qui entrevoit ce retour sur scène comme une thérapie par la
musique, assure avec ses deux compères les deux rappels. Et, rock'n roll dans l'âme, il conclut la soirée en ayant troqué la cravate et la veste pour le blouson en cuir, sur "Toute la musique que j'aime".

Pouce levé, sourire vainqueur, il s'en va pendant que l'orchestre achève le
travail. Le repos est mérité, dans moins de 24 heures, il sera sur scène à
Bruxelles.


Avec AFP








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