Lyon 1ère

Le bridge, une histoire de famille chez les Combescure

Lundi 14 Août 2017

Dans la famille Combescure, on a le bridge dans le sang. Père, fils et fille. Trois stars, membres des équipes de France qui affrontent les plus grands joueurs de la planète au championnat du monde, du 12 au 26 août à Lyon.

Leur objectif ? La victoire, bien sûr. Papa est déjà champion d'Europe en
titre. Baptiste, 20 ans, vice-champion d'Europe Junior 2017, médaille de
bronze aux championnats du monde 2012 et 2014, plusieurs fois champion de France. Sarah, sa jumelle, championne d'Europe Junior féminine 2015 et championne de France 2016.

Dans leur maison aux portes de Lyon, tous se sont préparés comme des sportifs au défi du 43e Mondial.

Pour un joueur de haut niveau, "rigueur, logique, grandes capacités de
concentration et d'endurance sont indispensables. Il faut aussi savoir gérerle stress, avoir une bonne condition physique et un mental d'athlète", explique à l'AFP le père, François Combescure.

"Ca se joue à deux, on doit également gérer la tension interne dans la
paire. Et être +bagarreur+. Un match c'est aussi une guerre des nerfs".

Pendant le championnat du monde, ni alcool, ni tabac. Interdit par le
règlement. Il y a aussi des contrôles antidopage aléatoires.

"Un esprit sain, dans un corps sain", résume doctement Baptiste, en master 1 de gestion du patrimoine à Paris-Dauphine.

"J'ai attrapé le virus très tôt, Sarah, plus tard", ajoute le jeune homme qui joue à Lyon dans l'équipe Juniors (moins de 26 ans). "Le bridge, on a été plongés dedans tout petits, comme Obélix dans la potion magique", sourit-il.

"Il y a plusieurs paires de jumeaux en lice et pas mal de frères et soeurs,
trois Hongroises par exemple", s'amuse Sarah. "Je suis dans l'équipe de France +Girls+. Il y a aussi les Dames. C'est un peu bizarre, mais si ces équipes n'existaient pas, les femmes ne pourraient pas jouer dans certains pays", explique l'étudiante en master 1 d'expertise comptable à l'Université catholique de Lyon.

"On devient vite accro au bridge. Plus on gagne, plus on veut progresser",
reconnaît François, qui jouera en équipe de France Open. "L'important, c'est de gagner. Pour son pays et pour soi. Encore plus quand on joue à domicile", renchérit son fils.

Formation d'ingénieur et DEA de physique en poche, François Combescure, "tombé dans le bridge" pendant ses études, a mené de concert sa carrière professionnelle et les compétitions de bridge, avant de se consacrer à sa passion.

Depuis dix ans, il enseigne cette discipline, l'arbitre parfois et coache des équipes.

Pour les jumeaux et leur père, peu de temps morts... "On joue presque tous
les week-ends en compétition, parfois loin. Pas question de garder des révisions pour le dimanche !", s'exclame Sarah.

Pas trop dur, à 20 ans, de tout mener de front ? "On s'organise: études,
sorties, vie sociale et bridge, on gère", assure Baptiste qui pratique aussi
le golf et le tennis.

Devenir professionnel ? "Je vais déjà finir mes études. J'aimerais avoir le choix. Allier les deux, c'est pas mal".

Quant à l'épouse de François, Emma, c'est aussi une pro du bridge, arbitre
et enseignante. Elle arbitrera d'ailleurs les Internationaux de France qui se
déroulent parallèlement au Mondial.

Anne, la mère des jumeaux, était une autre bridgeuse de choc. "Au début, je
jouais avec maman, maintenant qu'elle nous a passé le flambeau, elle se consacre à son métier de kinésithérapeute", explique Sarah.

Si la moyenne d'âge des 100.000 licenciés français "est de 70 ans, ce sont des jeunes qui s'affrontent en compétition. Je suis l'un des plus vieux", sourit le quinquagénaire.

Les jumeaux l'assurent: "l'image du bridge avec petits fours et tasses de
thé, c'est fini".

Ce sport de l'esprit, déjà reconnu comme tel par le CIO, frappe même à laporte des Jeux Olympiques. Avec "un argument de poids", souligne François: "on y joue dans le monde entier".








Gérald BOUCHON---un incendie, un accident, un radar...appelez notre numéro URGENCES 24H/24, 7J/7: 0950.21.90.20