Lyon 1ère

Municipale partielle à Vénissieux: du PS au FN, haro sur la "citadelle communiste"

Samedi 14 Mars 2015

Michèle Picard
Michèle Picard
Bastion communiste depuis des décennies, Vénissieux, où la dernière élection municipale a été annulée, revient aux urnes le 22 mars pour la première manche d'un scrutin où l'opposition, du PS au FN, veut faire tomber "la citadelle".
 
"Il ont tous le même slogan: +80 ans de communisme ça suffit+", moque la maire sortante Michèle Picard, qui ne veut pas faire de cette partielle un référendum pour ou contre le PCF.
 
Celle qui a pris la succession de l'emblématique André Gerin en 2009, est contrainte à un nouveau scrutin un an à peine après avoir été réélue avec 37,64% des suffrages exprimés au second tour, sur fond d'abstention massive, à l'issue d'une quadrangulaire.
 
Avec sept points d'avance sur son principal challenger, le divers droite
Christophe Girard qui se représente avec le soutien de l'UMP, de l'UDI et du
MoDem. "Vénissieux n'est plus un bastion imprenable mais isolé de tout ce qui
est autour", observe-t-il en fustigeant tour à tour le "clientélisme", "le misérabilisme" ou "le sectarisme incroyable" de l'actuelle municipalité.
 

Christophe Girard
Christophe Girard
Ce quadragénaire passé par le Mouvement pour la France de Philippe De Villiers est à l'origine de l'annulation de la dernière élection. Il avait dénoncé, comme le préfet du Rhône, des irrégularités dans la liste menée par l'activiste d'ultra-droite Yvan Benedetti, où des personnes figuraient à leur insu. Cette liste "Vénissieux fait front" s'était classée quatrième avec 10,26% des voix.
 
Saisi, le tribunal administratif de Lyon avait invalidé le scrutin. Décision confirmée le 4 février par le Conseil d'Etat. Depuis, cette commune de 62.000 habitants, aux portes de Lyon, a été placée sous tutelle préfectorale.
 
Pour le PCF, la position du Conseil d'Etat a constitué un "terrible aveu de la porosité" entre droite et extrême droite, en considérant que les voix de la liste Benedetti, si elle avait été invalidée avant le scrutin, se seraient reportées sur la liste Girard.
 
 

Damien Monchau
Damien Monchau
"Notre adversaire, c'est la droite et l'extrême droite", complète Michèle Picard qui n'hésite pas à faire l'amalgame entre la liste Girard et celle du FN conduite par le secrétaire départemental du FN Jeunes, Damien Monchau. "On ne se trompe pas de combat contrairement à certains", tacle l'élue en référence à la candidature de Lotfi Ben Khelifa pour le PS.
 
Les tractations entre socialistes et communistes ont effet abouti à une impasse. "C'est difficile d'aller à l'union quand la tête de liste tire à boulets rouges sur votre programme", souligne Michèle Picard, qui mène une liste de rassemblement à gauche réunissant le PCF, EELV, le PRG et le Parti de Gauche.
 
"Nous cherchions à faire une liste d'union avec le PCF", conteste le premier secrétaire fédéral David Kimelfeld, mais "il était impossible d'accepter un oukase du PC qui demandait de +blacklister+ certains de nos adhérents", en l'occurrence Lotfi Ben Khelifa dont Michèle Picard dénonce "la misogynie".
 

 

Lotfi Ben Khelifa
Lotfi Ben Khelifa
Se revendiquant de l'aile gauche du PS, Lotfi Ben Khelifa regrette que Vénissieux tourne le dos à la nouvelle métropole de Lyon - où les élus communistes de la ville ne soutiennent pas Gérard Collomb - et, à l'unisson des autres opposants, fustige une gestion communiste "idéologique" et "autocratique": "depuis 80 ans, ils ont fait quoi?"
 
Ex-employé municipal, Lotfi Ben Khelifa fait de l'emploi sa première priorité dans une ville où le taux de chômage dépasse les 20% et s'envole dans certains quartiers comme les Minguettes.
 
Dans cette vaste cité où habite près d'un tiers des Vénissians, des feux sporadiques de véhicules ou de poubelles se sont multipliés ces derniers jours, alimentant les spéculations sur les motivations des incendiaires.

Une 5ème liste sera en lice: "Faites entendre le camp des travailleurs", de Lutte Ouvrière, liste emmenée par Jean-Pierre Tardy.
 
Avec Givors, Vénissieux est la dernière commune de l'agglomération aux mains des communistes. Il y a un an, trois bastions du Rhône étaient tombés au profit de l'UMP ou du PS: Grigny, Pierre-Bénite et Vaulx-en-Velin.

 

Sur Lyon 1ère, grand débat consacré à l'élection municipale partielle de Vénissieux ce mercredi 18 mars...les 5 têtes de liste seront dans nos studios pour débattre




 
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