Lyon 1ère

Soupçons d'emplois fictifs: Michel Mercier a employé ses deux filles au Sénat

Samedi 5 Août 2017

Soupçons d'emplois fictifs: Michel Mercier a employé ses deux filles au Sénat
Le parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire visant le sénateur du Rhône Michel Mercier, après des informations du Canard enchaîné révélant qu'il avait employé ses deux filles comme assistantes parlementaires au Sénat.

Cette enquête, ouverte mercredi, vise le chef de "détournements de fonds
publics", a précisé une source proche du dossier, confirmant une information du Monde.

Outre le recrutement d'une de ses filles, Véronique, entre 2003 et 2012, le
journal satirique a révélé que l'ex-ministre de la Justice, dont la nomination au Conseil constitutionnel vient d'être validée, avait embauché à mi-temps sa seconde fille, Delphine, entre 2012 et 2014, pour l'assister au Palais du Luxembourg.

Mercredi, lors de son audition devant la commission des lois du Sénat pour
avaliser sa nomination au Conseil constitutionnel, Michel Mercier, 70 ans, s'était expliqué devant ses pairs au sujet des révélations du Canard enchaîné.

"C'est tout à fait exact que j'ai employé une de mes filles d'août 2012 à
avril 2014 parce qu'à l'époque je menais des dossiers d'ordre culturel très difficile" et qu'elle avait toutes les compétences, a-t-il dit en présentant
sa candidature.

"Elle était domiciliée à l'époque en France", a-t-il assuré, précisant
avoir vérifié ce point sur le contrat de travail.

Selon Le Canard enchaîné qui cite les documents d'embauche de Delphine
Mercier, celle-ci habitait alors pourtant Londres, alors que son lieu de
travail était Paris.

Michel Mercier, proche du président du MoDem François Bayrou, a indiqué
qu'il remettrait "les travaux réalisés par (sa) fille Delphine au Sénat afin
de démontrer l'effectivité de l'emploi" et déclarerait à la Haute autorité
pour la transparence de la vie publique (HATVP) "les travaux effectués, le temps travaillé et les salaires perçus attestant ainsi de l'effectivité de l'emploi".

Sa nomination au Conseil constitutionnel, en remplacement de l'actuelle
ministre de la Justice Nicole Belloubet, a été publiée jeudi au Journal
officiel (JO).

Les affaires portant sur des soupçons d'emplois fictifs de collaborateurs
parlementaires se multiplient ces derniers mois.

François Fillon, candidat malheureux de la droite à la présidentielle, est
mis en examen, suspecté d'avoir employé de manière fictive son épouse et deux de ses enfants à l'Assemblée nationale, et l'éphémère ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux est visé par une enquête pour l'emploi de ses filles.

Par ailleurs, plusieurs partis et hommes politiques sont soupçonnés d'avoir employé de manière fictive des assistants au Parlement européen alors qu'ils travaillaient en réalité pour leur formation politique en France, notamment l'ex-Garde des sceaux François Bayrou, le patron de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon et la présidente du Front national Marine Le Pen.

Avec AFP





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