Lyon 1ère

Soupçons d'espionnage informatique à la région Auvergne-Rhône-Alpes

Jeudi 9 Février 2017

Un hebdomadaire satirique lyonnais va porter plainte après la mise au jour d'un espionnage informatique présumé à la région Auvergne-Rhône-Alpes durant l'année 2015, dont il aurait été la cible indirecte

L'affaire concerne le journal Les Potins d'Angèle, pourvoyeur d'indiscrétions, chaque semaine, sur le Landerneau politique Lyonnais.

Comme l'a révélé jeudi le site internet Lyonmag, l'affaire démarre fin janvier quand le syndicat SUD du personnel de la région découvre qu'un ancien responsable des services informatiques de la collectivité s'était "discrètement octroyé un accès total" à sa messagerie et pouvait y lire "tous les mails".

L'organisation alerte alors les services concernés qui diligentent une enquête interne.

Selon des documents consultés par l'AFP, il en ressort que des droits avaient été ouverts "de façon confidentielle" en novembre 2015, en pleine campagne pour les élections régionales qui ont vu la région basculer de gauche à droite, au bénéfice du directeur des systèmes d'information (DSI) de l'époque.

Un subordonné lui avait donné accès à "quasiment toutes les boîtes aux lettres de la région": cabinet du président, vice-présidents, élus, direction générale et directeurs de services, sauf celles de la DSI. En outre, consigne avait été donnée pour rechercher dans les messageries, "sur les derniers mois", les éventuels courriels contenant le mot "dangele", trahissant de potentielles fuites vers l'hebdomadaire satirique.

Le dirigeant des Potins, Gérard Angel, a indiqué qu'il allait porter plainte.

L'exécutif régional a de son côté lancé un audit interne et envisage de signaler l'affaire au parquet de Lyon.

"Pour nous, ces faits sont d'une extrême gravité", a déclaré un porte-parole de Laurent Wauquiez, élu à la tête de la région en décembre 2015 en battant le président sortant socialiste, Jean-Jack Queyranne.

Selon cette source, l'ancien cadre aurait reconnu avoir fait cette demande d'accès "sur instructions".

"De qui, nous ne savons pas. S'il y a une enquête, c'est à elle de le déterminer", a-t-on ajouté.

"On a affaire à quelque chose de très grave qui porte atteinte d'une part à la presse, et d'autre part à l'intégrité et à l'éthique à l'intérieur de la région", a déclaré son président Laurent Wauquiez (LR), jeudi en marge de l'assemblée plénière de la région.

"On est en train de voir les suites qu'il va falloir y donner", a-t-il ajouté, précisant que le cadre informatique mis en cause officiait désormais en région Occitanie, son départ étant intervenu avant que cette affaire ne soit révélée.


Avec AFP

 
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