Lyon 1ère

Vendredi après-midi poterie, mais de justesse…

Jeudi 26 Juin 2014

Le Rectorat de Lyon autorise la Ville à faire activité le vendredi après midi.


Anne Brugnera, adjointe à l’éducation, Gérard Collomb, Françoise Moulin Civil, Rectrice et Jean-Louis Baglan, Directeur académique
Anne Brugnera, adjointe à l’éducation, Gérard Collomb, Françoise Moulin Civil, Rectrice et Jean-Louis Baglan, Directeur académique
Benoit Hamon, ministre de l’économie au micro de Bourdin sur RMC avait pourtant été clair : « ça suffit les réformes de l’école faites  en fonction des intérêts des parents et non pas de l’intérêt des enfants ».  Oui mais les enfants ne votent pas. « Nous allons faire une politique pour les lyonnais » a donc martelé  Gérard Collomb. Anne Brugnera, ajoutant de son côté que lorsqu’elle rencontre des parents « ils ont des questions hyper précises, liés à l’organisation de leur vie en fonction de la réforme ».  

Préparer septembre...

L’idée Collomb/Brugnera consiste donc à libérer le vendredi après-midi pour remplacer les cours par des activités. Pour les autres jours (lundi, mardi et jeudi) on ne touche à rien (8h30-11h30/13h30-16h30). Et le mercredi matin est travaillé jusqu’à 11h30.  Certes cette « expérimentation » est prévue par un décret écrit pour les petites communes rurales – pas spécifiquement le cas de Lyon -  mais si Mme Moulin Civil, rectrice de l’académie de Lyon est d’accord l’affaire est faite. Seul problème : il faut que les conseils d’école (une instance de concertation réunissant personnel des écoles, enseignants et parents d’élèves) qui n’ont jamais décidé de rien jusqu’à aujourd’hui « s’expriment en majorité en faveur » du vendredi après-midi non travaillé.  Comme le reconnait le Maire de Lyon « la consultation des conseils d’école s’est faite à marche forcée ». Le 6 juin dernier les résultats tombent : après compte, recompte, décompte et changement de camps : le verdict (provisoire ?) est tombé : 80 conseils sont pour le vendredi après-midi dédié aux activités, 79 contre. Est-ce une majorité ? La Rectrice décide que oui et autorise la ville de Lyon à faire son projet d’expérimentation.  Gérard Collomb, visiblement surpris de ce rôle tout nouveau donné à ces fameux conseils d’école, veut maintenant aller de l’avant. Il faut trouver des animateurs (il en faudra 1600 si 75% des parents lyonnais décident de laisser leurs enfants le vendredi après-midi pour faire de la poterie ou des maquettes, car rien n’est obligatoire), recruter des directeurs de centre de loisir et faire payer les parents pour ces activités.
Rendez-vous en septembre pour un premier contact avec cette expérimentation et dans trois ans pour en tirer le bilan, comme l’exige ce décret miraculeux qui a bien failli ne pas sauver le soldat Collomb.
Romain MELTZ