Lyon 1ère

20 ans de réclusion requis contre le "violeur du 8e"

Vendredi 23 Septembre 2016

Vingt ans de réclusion criminelle ont été requis jeudi à l'encontre d'un ancien chauffeur de bus, jugé depuis lundi devant les assises du Rhône pour une série de viols, l'avocat général insistant sur la "perversité et la dangerosité de ce prédateur sexuel".

Le magistrat, qui a mis en avant le risque "majeur" de récidive, a assorti
ses réquisitions --le maximum encouru pour viol avec arme, en l'occurrence un couteau-- d'une période de sûreté des deux-tiers, d'un suivi socio-judiciaire de 20 ans et d'une injonction de soins pendant 5 ans.

L'accusé, Kamel Abas, 39 ans, ex-employé des transports en commun lyonnais qui était apprécié par son chef et ses collègues, est resté totalement impassible durant le réquisitoire.

La série d'agressions sexuelles, tentatives de viols et viols dont il
répond avait provoqué une psychose dans le 8e arrondissement de Lyon entre 2012 et 2013.

"Tous les faits, d'une gravité exceptionnelle, ont été parfaitement établis et reconnus par l'accusé", a souligné l'avocat général. "Les victimes de cet agresseur plein d'assurance et de cynisme ont des séquelles durables physiques et psychologiques", a-t-il ajouté.

Dans son réquisitoire, il a insisté sur la "perversité et la dangerosité de
ce prédateur sexuel" qui planifiait et préméditait ses crimes, parlant aussi
de "sadisme", avec une progression de la violence physique et sexuelle au fur
et à mesure des agressions.

Kamel Abas avait été interpellé en flagrant délit de viol de sa sixième
victime présumée début janvier 2014, dans un parking, à l'endroit même où, un an plus tôt, il aurait déjà violé, sous la menace d'un couteau, une quatrième femme.

Cet homme sans casier judiciaire et habitant toujours chez sa mère
avait été mis en examen pour sa dernière agression.

Des analyses génétiques avaient ensuite établi que son profil était
identique à celui d'un violeur en série, surnommé par la presse "le violeur du
8e", qui avait agressé cinq jeunes femmes de 22 à 26 ans, dont trois
étudiantes, entre le 18 octobre 2012 et le 31 janvier 2013.

En plus des violences sexuelles, Kamel Abas menaçait de mort ses victimes
("je vais te planter"...), leur posait des questions intimes intrusives et
affirmait "sortir de prison et n'avoir rien à perdre".

Une expertise psychiatrique de l'accusé avait conclu à "un grand contrôle de lui-même" et "une personnalité narcissique".

La plaidoirie de la défense et le verdict, après délibération des jurés,
sont attendus vendredi.



Avec AFP


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