Lyon 1ère

60 anciens verriers de Givors déboutés devant les prud'hommes

Jeudi 28 Avril 2016

60 anciens verriers de Givors déboutés devant les prud'hommes
Soixante anciens verriers de Givors, qui avaient assigné le groupe OI Manufacturing devant les Prud'hommes de Lyon pour obtenir réparation de différents préjudices lié à l'exposition aux produits dangereux, ont été déboutés jeudi.
 
"On avait demandé une attestation d'exposition à l'amiante et aux cancérogènes, et une indemnisation. Les attendus du jugement seront connus par les intéressés dans les 48 heures, mais nous allons faire appel", a annoncé jeudi à l'AFP Laurent Gonon, coordinateur "maladies professionnelles" à l'association des anciens verriers de Givors.
 
Les attestations qu'ils réclamaient devant la justice sont "indispensables pour obtenir un suivi médical post-professionnel et la reconnaissance éventuelle en maladies professionnelles, comme le prévoient les codes du travail et de la Sécurité sociale" a-t-il rappelé dans un communiqué.
 
Les plaignants réclament aujourd'hui 90.000 euros de réparation chacun, contre 40.000 au début de l'affaire.
 
"On ne reproche pas à la société d'avoir utilisé l'amiante, mais de l'avoir fait sans que les salariés aient une protection suffisante", avait déclaré en février, lors d'une audience de départage leur avocat, Me François Lafforgue.

Les ouvriers n'étaient pas équipés de masques, avait-il rappelé.
 
"Ces attestations auraient dû être délivrées depuis de très nombreuses années et ils n'ont pas pu bénéficier de ce suivi médical pendant plusieurs années et aujourd'hui on assiste à une hécatombe avec des dizaines de salariés décédés de pathologies cancéreuses", avait-il aussi affirmé à l'AFP.
 
De son côté, l'avocate de OI Manufacturing, Me Joumana Moukanas, avait fait valoir que "les demandeurs ne sont (actuellement, ndlr) pas atteints de pathologies".
 
"Il n'est absolument pas démontré une quelconque contamination (...) Il y a une confusion entre exposition aux risques et contamination", avait-elle soutenu lors de l'audience.
 
Le 10 avril 2014, le tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) de Lyon avait toutefois reconnu l'origine professionnelle du cancer de Christian Cervantes, un ancien verrier de Givors, décédé en 2012.
 
Le Tass avait estimé que le cancer du plancher buccal diagnostiqué en 2010 chez M. Cervantes était "directement et essentiellement" causé par son "travail habituel" au service de ses différents employeurs de 1963 à 2003, et particulièrement par ses trente années au sein de la verrerie de Givors.
 
En mai 2014, le Tass reconnaissait également la "faute inexcusable" d'OI Manufacturing après le décès en 2010, à la suite d'un cancer, de Joseph d'Introno, un autre verrier de Givors.

Avec AFP


 
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