Lyon 1ère

Abus de faiblesse: prison avec sursis pour le chef d'orchestre Jean-Christophe Keck

Lundi 4 Décembre 2017

Le chef d'orchestre Jean-Christophe Keck a été condamné lundi à neuf mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnelde Lyon, devant lequel il était poursuivi pour abus de faiblesse par le fils d'une ancienne cantatrice.

Keck, 53 ans, a également écopé d'une amende de 10.000 euros. Le
tribunal a parallèlement condamné Michèle de Kerckhove, 62 ans, avocate au barreau de Versailles, à 12 mois de prison avec sursis et 10.000 euros
d'amende.

A l'audience le 30 octobre, le parquet avait requis des peines un peu
supérieures.

L'instruction de ce dossier avait été délocalisée de Versailles à Lyon à la
suite de la plainte du fils d'Eva Rehfuss, décédée en 2008 à l'âge de 85 ans.

Cette cantatrice à la forte personnalité était la soeur d'un célèbre baryton
et l'épouse de Roger Roger, compositeur et interprète reconnu d'Offenbach.

Selon le fils de la victime, Jean-Christophe Keck, spécialiste mondial
d'Offenbach, aurait profité de sa proximité artistique pour spolier la vieille dame.

Lors du procès, M. Keck avait reconnu "des liens affectueux, passionnels
dans le sens musical" mais nié toute intention frauduleuse, assurant que les deux chèques de 50.000 et 20.000 euros qu'il avait reçus d'elle relevaient de projets artistiques et de mécénat.

Quant au testament de la veuve, modifié en sa faveur pour l'instaurer
légataire universel, le chef d'orchestre avait indiqué en avoir été "le premier surpris" et qu'il s'agissait de défendre l'oeuvre de Roger Roger.

"A-t-on le droit d'avoir des projets à 84 ans, ne doit-on plus rien dépenser pour ne pas écorner l'héritage ?", avait plaidé pour sa défense Me Raphaël Mayet, qui demandait la relaxe.

"Le fil rouge de ce dossier, c'est l'exclusion de l'héritier", avait rétorqué l'avocat du fils, Me Philippe Sarda, dénonçant "la relation pour le moins intéressée" entretenue par Michèle de Kerckhove, à la fois avocate de la
vieille dame et désignée mandataire sur un lit d'hôpital.

Il était notamment reproché à cette dernière d'avoir utilisé une stagiaire
et ses enfants comme témoins de la signature du codicille au testament, au
domicile de la vieille dame. Selon ses avocats, cette présidente d'une
association de victimes en région parisienne lui était au contraire
entièrement dévouée et aurait "fait des erreurs mais pas d'infraction pénale".

Le tribunal a accordé 2.000 euros de dommages et intérêts au plaignant,
ainsi que 5.000 euros au titre de ses frais judiciaires. Une procédure est en
cours au civil.



Avec AFP



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