Lyon 1ère

Au procès de son agresseur, Marin pardonne mais n'excuse pas

Jeudi 3 Mai 2018

Au procès de son agresseur, Marin pardonne mais n'excuse pas
Un moment fort, mais redouté: Marin a fait face jeudi devant la cour d'assises des mineurs de Lyon à son agresseur, qui l'avait laissé pour mort pour avoir défendu un couple qui s'embrassait dans la rue.

Cette confrontation entre le jeune étudiant, qui souffre encore dix-huit mois après les faits d'importantes séquelles, et son bourreau, un adolescent à la dérive, est intervenu au deuxième jour de ce procès tenu à huis clos.

"La présidente les a laissé se parler tous les deux", rapporte l'avocate de l'accusé, Me Anne Guillemaut.

Et ils se sont parlé comme deux jeunes de 20 ans, s'appelant par leurs prénoms. "Un moment qui nous a tous envahis", poursuit l'un des avocats de Marin, Me Frédéric Doyez, à la sortie de l'audience.

Marin lui a dit "tout le mal qu'il lui avait fait". Il lui a dit aussi "qu'il essayerait de lui pardonner", ajoute la mère de Marin, Audrey. Et des excuses ? "Je pense pas que ce qui s'est passé soit vraiment excusable (...). Il y a peut être des explications mais pas d'excuses à ce qu'il s'est passé", poursuit la jeune mère d'une quarantaine d'années.

Marin a demandé à son agresseur "de changer de manière de vivre, de changer en prison".

Ce dernier, qui était resté "tétanisé" selon son avocate depuis le début du procès - une attitude que la famille de Marin a vécu comme de l'indifférence, voire de la "désinvolture" - est alors sorti un peu de sa carapace.

Il y a eu comme un "aveu", quelque chose qui sonnait comme: "j'ai détruit ta vie". "Un moment de justice", estime Me Doyez.

Marin, pantalon et chemise bleus, était arrivé au bras d'une de ses proches quelques minutes avant de témoigner, boitant, un bras replié sur la poitrine, des cicatrices visibles sur son crâne.

Même si ses séquelles sont toujours difficiles à mesurer précisément, ce n'est plus le "Marin d'avant", comme lui-même l'explique sur la page Facebook "Je soutiens Marin".

Le procès se tient à huis clos car l'accusé était mineur au moment des faits. Le verdict est attendu vendredi soir.


Avec AFP





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