Lyon 1ère

Aux assises de l'Isère, 15 ans de réclusion pour l'assassinat de son ex-petite amie

Jeudi 14 Juin 2018

Il a de lui-même demandé à la cour de le
punir: Simon Thirel, 22 ans, a été condamné mercredi soir à Grenoble à 15 ans de réclusion pour l'assassinat de son ex-petite amie en octobre 2015 à Saint-Jean-de-Moirans (Isère).

Après trois heures de délibéré et contre l'avis de l'avocate générale Marion Lozac'hmeur, qui avait requis 20 ans de réclusion et une période de sûreté de dix ans, la cour n'a pas retenu la préméditation.

La cour a assorti la condamnation de 10 ans de suivi socio-judiciaire et d'une injonction de soins.

"Je n'ai qu'un seul souhait pour vous tous qui allez me juger: il faut me punir et me permettre de me soigner. J'ai besoin de cette peine et de ces soins", a déclaré l'accusé, avant que la cour ne se retire pour délibérer, peu avant 17H00.

D'une voix tremblante, le jeune homme a "demandé pardon du fond du coeur" à
la famille et aux amis de sa victime, ajoutant comprendre qu'ils ne puissent le pardonner.

"Ce n'est pas un crime passionnel, un crime d'amour, que vous avez à juger, c'est un crime d'amour-propre", avait lancé un peu plus tôt l'avocate générale, Marion Lozac'hmeur, dans un réquisitoire de moins d’une heure.

Tout en reconnaissant l'altération du discernement de l'accusé, l'avocate générale avait estimé que l'intention homicide ne faisait aucun doute, du fait de la durée de l'étranglement: "Quinze minutes, c'est extrêmement long".

"Julie s'est vue mourir; elle a eu le temps de se voir mourir", avait martelé Mme Lozac'hmeur, pour qui la préméditation est "signée" et la volonté de dissimulation "claire".

La magistrate avait également souligné la position "atroce" de la mère de Julie qui était présente quand sa fille a été tuée, dans des circonstances relevant de "la sauvagerie" et de "la barbarie".

"Avez-vous la certitude que le projet criminel est complètement sédimenté ? Il faut se questionner parce que les choses sont complexes", a rétorqué l'avocat de la défense Denis Dreyfus, pour qui "le doute doit profiter à l'accusé".

Contestant que l'on puisse affirmer qu'il y ait préméditation dans ce dossier "compliqué", il a réclamé pour son client "une peine à la hauteur des actes commis", tout en demandant de prendre en compte ses "capacités de reconstruction" et "l'altération de son discernement".

"Simon a fait un sacré parcours. Il va falloir continuer", notamment en se soignant, "ce n'est pas si commun", a-t-il plaidé.




Avec AFP







Gérald BOUCHON---un incendie, un accident, un radar...appelez notre numéro URGENCES 24H/24, 7J/7: 0950.21.90.20