Lyon 1ère

Blocage de FlixBus ce mercredi à la Part-Dieu

Mercredi 23 Novembre 2016

Les syndicats du personnel de la société Megabus, propriété du groupe britannique Stagecoach, sont ressortis déçus, mercredi, d'une nouvelle réunion de négociations sur le plan social de l'autocariste.

"Le PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) qu'ils nous proposent est minable: une prime de licenciement de 2.000 euros. Nous on veut que ce PSE et la prime soient à la hauteur des moyens du groupe comme le stipule la loi +Florange+", a expliqué à l'AFP Angélique Meltz de l'Unsa Transport, lors d'une opération de blocages des cars Flixbus devant la gare de la Part-Dieu à Lyon.

Au 1er juillet, Stagecoach avait vendu l'activité commerciale et marketing de Megabus France à son concurrent allemand Flixbus. Celui-ci a ensuite noué un partenariat avec Megabus France pour utiliser ses autocars et son personnel, avant de rompre ce contrat de sous-traitance le 30 août.

Contraignant ainsi Megabus France, qui n'avait qu'un seul client, à cesser son activité faute de repreneur.

"Aucun dirigeant Stagecoach n'a daigné se déplacer pour être présent ce jour. Et les représentants de la direction présents (qui n'ont aucun pouvoir) n'ont pas proposé de vraies avancées", renchérissent les représentants du personnel dans un communiqué.

La direction a indiqué mercredi que cette réunion avait vocation à "maintenir le dialogue" et à trouver des pistes d'amélioration des mesures d'accompagnement.

Des mesures qui, selon la ministre du Travail, Myriam El Khomri, doivent être "d'un niveau exceptionnel compte tenu des moyens du groupe".

"J'ai écrit lundi justement au président du groupe Stagecoach" et "on lui a demandé d'améliorer significativement les mesures d'accompagnement du PSE afin qu'un accord puisse être trouvé", a déclaré la ministre mercredi à l'Assemblée nationale.

Megabus France a été lancé dans le sillage de la libéralisation du marché induite par la loi Macron en 2015. La compagnie emploie 175 salariés dont 95 sur son plus gros dépôt de Saint-Jean-d'Ardières dans le Beaujolais.

Beaucoup de chauffeurs, débauchés pour la rejoindre, se disent aujourd'hui "dégoûtés", à l'image de Rachid Tamar, interrogé mercredi à Lyon.

Ce père de deux enfants a quitté un CDI dans une PME stéphanoise pour rejoindre l'autocariste il y a un an, attiré par un salaire plus confortable (entre 2.300 et 2.500 euros/nets contre 1.900 euros chez son ancien employeur). "Et aujourd'hui, alors qu'on s'est investi, que je faisais 100km par jour en plus pour rejoindre le dépôt de chez moi, on nous dit au revoir", s'indigne-t-il.

Deux autres réunions de négociations sont prévues dans les prochaines semaines. Et après une grève vendredi dernier et ce blocage à Lyon, les syndicats promettent de nouvelles actions.


Avec AFP

 
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