Lyon 1ère

Braquage fatal de Dolomieu: les excuses d'un ex "sale gamin"

Mardi 12 Décembre 2017

"J'étais un sale gamin inconscient": au
premier jour de son procès devant les assises de l'Isère, l'auteur du hold-up
raté d'un bureau de tabac en 2014 a assumé "l'entière responsabilité" des
faits qui avaient coûté la vie à un témoin avant le suicide d'un complice.

Silhouette menue, visage juvénile mais voix posée, Mukael Erdem a 22 ans et
vient de passer trois ans et demi en détention provisoire. Il a tout reconnu
dès son interpellation, quatre jours après ce fatal 29 juillet dans le village
de Dolomieu, et il a réitéré des aveux complets mardi.

"C'est moi le responsable de tout ça (...) Je m'excuse auprès de vous
tous", a affirmé ce père d'une fillette, conçue en prison avec sa petite amie
et qu'il n'a encore jamais vue qu'en photo. Lui qui risque la réclusion
criminelle à perpétuité "fera face" et "en sortira plus fort".

"La gravité des faits semble l'avoir fait sortir de l'enfance d'un coup", a
estimé à la barre Etienne Leroux, qui a mené l'enquête de personnalité.

Une enfance heureuse dans une famille issue de la communauté turque de Morestel, choyé par une mère au foyer et un père qui dirige une entreprise de ferronnerie.

L'adolescence sera le temps des fêlures: la séparation des parents, le
décrochage scolaire, le début des addictions au cannabis. Et à l'alcool, comme le paternel qui lui met une rouste de temps à autre quand il commence ses "âneries" - et qui tente de recadrer son fils en le faisant travailler sur ses chantiers.

"Les bêtises, c'est par rapport à notre séparation. On est un peu coupable
dans l'histoire", a estimé son père. Car le "bon garçon" décrit par sa mère
n'a pas toujours les bonnes fréquentations et fait partie des jeunes repérés par les patrouilles de gendarmerie.

Cet été 2014, avec Morgan Vertu, 22 ans et déjà 12 condamnations à son
casier, qui se suicidera en prison au bout d'une semaine, il veut trouver de
l'argent pour "se payer des vacances". A l'aide d'un fusil - dont l'accusé
tait la provenance depuis le début de l'affaire mais qui a été identifié comme
volé un mois avant le drame -, ils tentent un premier car-jacking à Morestel, puis un second qui leur fournit une voiture.

Ils se dirigent alors vers Dolomieu, à une dizaine de kilomètres, et
choisissent "au hasard" un bureau de tabac, où sont présents plusieurs clients.

L'un d'eux, Hugo Villerez, 34 ans, "a voulu mettre en fuite le braqueur et
s'est approché de lui", a raconté le directeur d'enquête, se fondant sur les
témoignages. Il lui aurait fait descendre à reculons les quelques marches de l'entrée, puis l'aurait suivi sur le parking.

C'est alors que Mukael, qui avait ôté la sécurité du fusil, épaule et tire.
Hugo Villerez meurt 40 minutes plus tard dans les bras de sa mère, le torse
perforé de 237 plombs de chasse.

Les deux agresseurs s'étaient enfuis avec un butin de 140 euros et trois
cartouches de cigarettes, avant d'abandonner un peu plus loin leur véhicule embourbé dans un chemin de terre.

"Il n'est pas ici pour avoir voulu donner la mort mais ce n'est pas un accident. C'est un mot que certaines oreilles ne peuvent pas entendre", a rappelé le président de la cour, Gérard Dubois.

Sur le banc des parties civiles, la famille de la victime siège dignement:
sa mère Brigitte, son père Guy et son frère cadet Rémi. A leurs côtés,
Dominique de Sède, la buraliste. Ils ont été rejoints par une cliente présente lors du braquage avec sa fille, et brièvement par le conducteur de la première voiture attaquée, qui s'est finalement rétracté.

D'après le rapport de la psychiatre qui a rencontré l'accusé en détention, celui-ci "reconnaît la gravité des faits et en attend la sanction, il s'attend
à une longue peine".

Verdict vendredi.




Avec AFP



Gérald BOUCHON---un incendie, un accident, un radar...appelez notre numéro URGENCES 24H/24, 7J/7: 0950.21.90.20



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