Lyon 1ère

Buzyn dénonce des "situations graves de harcèlement" au CHU de Grenoble

Mardi 19 Décembre 2017

Buzyn dénonce des "situations graves de harcèlement" au CHU de Grenoble
La ministre de la Santé Agnès Buzyn a dénoncé ce mardi des "situations graves de harcèlement au sein" du Centre hospitalier universitaire de Grenoble, mises au jour selon elle par un rapport commandé après le suicide début novembre d'un neurochirurgien dans l'établissement.

"Le CHU de Grenoble a fait face à une situation dramatique", a rappelé la
ministre devant l'Assemblée nationale, répondant à une question du député
isérois Olivier Véran (LREM).

"Dès que j'en ai été informée, j'ai diligenté le médiateur national Edouard Couty pour me faire un rapport de situation", a-t-elle indiqué.

"Ce rapport, que je rendrai public, a permis de mettre en lumière des situations graves de harcèlement au sein de cet établissement", a annoncé Mme Buzyn.

"Encore aujourd'hui, les praticiens nous font remonter des difficultés, des
tensions, la pédiatrie étant la dernière en date", a ajouté la ministre, qui
rencontrera "début janvier la directrice générale du CHU de Grenoble, le
président de la commission médicale d'établissement et le doyen de la faculté de médecine".

Ceux-ci devront lui proposer "au plus tôt un plan d'action conforme aux
recommandations de M. Couty face à la souffrance des soignants" du CHU,
a-t-elle précisé.

Insistant sur son "engagement contre toute forme de harcèlement à l'hôpital", Mme Buzyn a prévenu qu'elle n'accepterait "plus que" des personnes "harcelées soient obligées d'abandonner leur poste".

Ainsi, la ministre a "accepté la mutation d'une clinicienne réputée de
Grenoble dans un autre établissement avec son support de poste".

Mais, a-t-elle mis en garde, "le service qui verra un professionnel partir pour de telles raisons de harcèlement ne verra pas son poste sanctuarisé".

"Je porte une attention particulière à ce que le management, qui se focalise parfois sur la gestion économique et financière de nos hôpitaux, soit
bienveillant et soit vigilant à l'humain, face à des équipes soignantes en
très grande tension", a assuré Mme Buzyn.

Début novembre, un neurochirurgien de 36 ans s'était suicidé dans le CHU de Grenoble, après avoir laissé une lettre invoquant des motifs personnels.

Après les suicides d'au moins cinq infirmiers survenus en France à l'été
2016 et celui, en décembre 2015, d'un cardiologue à l'hôpital Georges-Pompidou à Paris, l'ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine avait lancé un plan contre la souffrance des soignants et nommé l'ancien directeur des hôpitaux Edouard Couty comme médiateur national face aux situations conflictuelles.


Avec AFP





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