Lyon 1ère

En Isère, mieux connaître les conduites à risques des ados pour mieux les prévenir

Mardi 27 Mars 2018

En Isère, mieux connaître les conduites à risques des ados pour mieux les prévenir
C'est une "expérience unique" à l'échelle de
la France qui pourrait bien essaimer : un Observatoire territorial des conduites à risques de l'adolescent (Otcra) a été inauguré mardi à Grenoble, avec l'ambition de faire de la prévention sur mesure dans les collèges.

"Plus on agit précocément, moins on sera sur des addictions" à traiter par la suite, a déclaré Nicolas Prisse, président de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), venu
soutenir l'initiative qui allie "le tryptique magique de recherche, école et éducation en santé".

Si à 17 ans, la plupart des jeunes ont déjà "expérimenté" alcool, tabac et cannabis, "ces substances ne sont pas un problème pour les collèges mais il est intéressant d'avoir des données très tôt", a souligné Laurent Bègue,
directeur de la Maison des Sciences de l'Homme (MSH) Alpes.

Une enquête d'envergure a été menée d'octobre 2017 à février 2018 auprès de
plus de 8.000 élèves de 4e (13 ans en général) dans 69 collèges du département de l'Isère, à l'occasion de l'implantation du programme européen "Unplugged" de mesure et promotion des compétences psycho-sociales (CPS).

"Ce sont ces compétences qui nous permettent de mieux nous adapter au
quotidien et qui vont nous éviter d'avoir recours aux béquilles que sont les drogues ou les conduites à risques", a expliqué Rebecca Shankland, maître de conférence de psychologie à l'Université Grenoble Alpes.

Concept défini par l'OMS il y a 25 ans, ces compétences sont émotionnelles (gestion du stress, estime de soi), cognitives (pensée critique, prise de décision), sociales (communication, empathie) et leur renforcement est très utilisé dans les programmes d'éducation à la santé où l'enfant devient acteur de sa santé.

"Les produits et comportements à risques sont utilisés par les jeunes pour mieux s'intégrer et pour gérer leurs émotions. Développer les CPS permet de faire un autre choix" et de l'assumer face aux autres, a insisté Mme Shankland.

Les CPS, "on les aime toutes comme les Pokemon, mais elles ne se valent pas!", a souligné M. Bègue, en présentant les premiers résultats de l'enquête, qui interrogeaient les collégiens sur leur ressenti à l'école, dans leur famille, leur consommation de drogues licites (tabac, alcool), illicite (cannabis) et des écrans, nouveau fléau.

Chaque collège a ainsi accès à une photographie de son établissement et va
pouvoir cibler davantage ses actions de prévention. Dès la rentrée 2018, certaines interventions devraient être réalisées par les étudiants en "service sanitaire".

Dans l'attente, l'Otcra, c'est aussi un site internet (https://otcra.fr) et une présence sur les réseaux sociaux.



Avec AFP






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