Lyon 1ère

Enquête sur des emplois fictifs présumés au département de la Drôme

Lundi 16 Octobre 2017

Le parquet de Grenoble enquête sur une affaire d'emplois fictifs présumés au Conseil départemental de la Drôme, après un signalement de la Chambre des comptes évaluant le préjudice entre 170.000 et
195.000 euros.

L'affaire remonte au changement de majorité au printemps 2015. Trois
emplois de l'ancien exécutif du président sortant, le socialiste Didier
Guillaume, auraient été indûment prolongés "afin de faciliter leur
reconversion", souligne la Chambre régionale des comptes (CRC)
Auvergne-Rhônes-Alpes.

Deux contrats de membres du cabinet auraient été prolongés pour cinq mois
alors qu'"en tout état de cause, les deux intéressés n'ont pas travaillé pour le département durant cette période", souligne la CRC. Elle a saisi le parquet de Valence et l'affaire a été dépaysée à Grenoble.

L'autre cas litigieux relevé par la juridiction financière concerne le
directeur général des services (DGS), un contractuel resté employé un an
supplémentaire.

Or, sur la période, il a pris sept mois de congés puis quatre mois de formation. De plus, la CRC pointe l'utilisation récurrente d'une voiture de fonction, des cartes essence, d'un téléphone professionnel.

Interrogé par l'AFP, Patrick Labaune, ex-président LR du Conseil
départemental élu en 2015, assure avoir tout ignoré de la prolongation pour cinq mois des deux membres du cabinet. Il précise en revanche avoir passé avec le DGS "un accord transactionnel" sur les conseils des avocats de la collectivité, pour lui permettre d'écluser ses congés et de faire valoir son droit à la formation avant d'être licencié.

"Si les faits devaient être définitivement avérés, je les dénonce et les condamne avec la plus grande fermeté. Pour moi, la politique, ce n'est ni bidouille, ni magouille", a réagi l'actuelle présidente de la collectivité,
Marie-Pierre Mouton (LR), dans un communiqué.

A gauche, c'est l'incrédulité. Pierre Jouvet, président du groupe
d'opposition socialiste au département, "condamne très fermement ces agissements, au moment où nous prônons l'exemplarité des élus".





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