Lyon 1ère

Etudiante éborgnée en 2007: le procès des policiers renvoyé après une "erreur"

Lundi 4 Juin 2018

Etudiante éborgnée en 2007: le procès des policiers renvoyé après une "erreur"
Le procès de quatre policiers, poursuivis pour un tir de grenade ayant éborgné une étudiante à Grenoble en 2007, a été reporté
lundi au 8 octobre, seuls trois d'entre eux ayant été convoqués devant le tribunal de Lyon.

"Il y a une difficulté dans ce feuilleton judiciaire", a reconnu à l'audience Raphaël Vincent, président de la 13e chambre correctionnelle, évoquant "une erreur" d'audiencement pour expliquer l'absence du quatrième prévenu.

"Il y a eu différents échanges entre le parquet et les avocats et tout le monde s'est accordé sur le fait qu'il était bien sûr impossible de juger ce dossier sans que vous soyez tous les quatre présents", a ajouté le magistrat en s'adressant aux trois policiers présents.

Ces derniers sont suspectés d'avoir été les tireurs de la grenade de désencerclement dont un débris a éborgné le 16 mai 2007 Maud Caretta, une étudiante en médecine alors âgée de 23 ans, en marge d'une manifestation de l'ultra-gauche à Grenoble.

Si le quatrième prévenu - le commissaire qui dirigeait les opérations ce jour-là - a été renvoyé dès 2013 en correctionnelle pour "blessures involontaires", les trois autres policiers ont d'abord bénéficié d'un non-lieu, le tireur ne pouvant être identifié. Tous les recours ont ensuite été utilisés par la partie civile pour porter les policiers devant leurs
responsabilités.

Le 11 juillet 2017, la Cour de cassation a estimé que le fait d'avoir "participé consciemment à une action exposant un tiers à un risque particulièrement grave" ne nécessitait pas de "déterminer qui est l'auteur du tir", plaçant les faits "sous le régime de la co-action", selon l'avocat de la jeune femme, Me Hervé Gerbi.

Un argumentaire sur lequel s'est appuyée la chambre de l'instruction de Lyon dans un arrêt rendu le 22 décembre dernier qui a renvoyé définitivement les trois policiers en correctionnelle, en plus du commissaire.

La victime, aujourd'hui psychiatre, a aussi perdu l'odorat et a subi au total 12 opérations chirurgicales depuis le drame.


Avec AFP







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