Lyon 1ère

Garde à vue prolongée pour le prêtre accusé d'agressions sexuelles sur des scouts

Mardi 26 Janvier 2016

François Devaux
François Devaux
La garde à vue du prêtre lyonnais soupçonné d'agressions sexuelles sur de jeunes scouts il y a plus de 25 ans, a été prolongée mardi, avant un défèrement devant un juge prévu mercredi.
 
Ces nouvelles heures de garde à vue vont être notamment  mises à profit pour le confronter à des hommes qui se disent victimes d'attouchements.
 
Le septuagénaire, qui réside au couvent des Petites-Soeurs de Saint-Joseph de Montgay à Fontaine-sur-Saône (Métropole de Lyon) depuis septembre 2015, est entendu par les policiers de la brigade de la protection de la famille de la Sûreté départementale.
 
L'homme d'église, très apprécié à l'époque par les familles et décrit comme "charismatique", est soupçonné d'agressions sexuelles sur au moins trois mineurs, ex-membres d'un groupe scout indépendant qu'il a encadré pendant une vingtaine d'années, du début des années 1970 à 1991 à Sainte-Foy-lès-Lyon.
 
Le prêtre, qui était doyen de plusieurs paroisses dans le Roannais jusqu'en août dernier, est visé par plusieurs plaintes d'anciens scouts du groupe Saint-Luc déposées depuis mai 2015.

Une enquête préliminaire "pour agression sexuelle" avait été ouverte cet été par le parquet de Lyon.
 
Compte tenu de l'ancienneté des faits, certaines plaintes devraient être prescrites mais d'autres sont jugées recevables par la justice.
 
Plusieurs hommes affirmant avoir été victimes du prêtre, des quadragénaires aujourd'hui, se sont rassemblés au sein d'une association, "La Parole Libérée", afin de "rompre l'omerta" entourant ces faits depuis des décennies.
 
L'association, qui a déjà recueilli une quinzaine de témoignages, vise en particulier la gestion par l'Eglise du cas de ce prêtre.
 
Car celui-ci avait continué à être en contact avec des enfants, via notamment l'enseignement du catéchisme, après avoir été écarté du groupe Saint-Luc à la suite d'un signalement d'une famille au cardinal Albert Decourtray, alors Primat des Gaules.
 
L'association a publié sur son site internet de nombreux témoignages, ainsi qu'une lettre du prêtre mis en cause, adressée en 1991 au père d'une victime: "Je n'ai jamais nié les faits qui me sont reprochés. Ils sont pour moi une blessure profonde dans mon coeur de prêtre", peut-on lire dans ce courrier manuscrit et signé.

Ce mercredi matin, Paul Satis reçoit sur Lyon 1ère à 8h15 François Devaux, l'une des victimes du prêtre, aujourd'hui président de l'association "La Parole Libérée".


 

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