Lyon 1ère

Gérard Collomb: les dossiers qui l'attendent à Paris

Mercredi 17 Mai 2017

Gérard Collomb: les dossiers qui l'attendent à Paris
Menace terroriste, coordination du
renseignement, missions des policiers: de lourds dossiers attendent Gérard
Collomb, le nouveau ministre de l'Intérieur, dont la place de numéro 2 du gouvernement consacre l'importance accordée aux enjeux sécuritaires.

Après un quinquennat marqué par une vague d'attentats jihadistes sans
précédent, faisant 239 morts depuis janvier 2015, la lutte antiterroriste
s'impose comme le premier dossier du nouveau locataire de la place Beauvau,
soutien de la première heure d'Emmanuel Macron.

"Nous savons tous aujourd'hui que l'Europe et en particulier la France sont la cible des terroristes et donc j'ai conscience, en arrivant ici, que mon
premier devoir sera de tout faire pour protéger nos concitoyens", a déclaré
l'ancien sénateur-maire PS de Lyon lors de la passation de pouvoirs avec son prédécesseur Matthias Fekl.

Le programme du candidat Macron, sur lequel le ministre devra s'appuyer,
exclut un nouveau grand chambardement dans la politique publique du renseignement. Comme l'a rappelé le patron de la Direction générale du renseignement intérieur (DGSI) Patrick Calvar, lors d'une audition à l'Assemblée nationale en février, les services de renseignement ont été "bouleversés en permanence depuis 2007", et Emmanuel Macron en a pris acte lors de la campagne.

Dans une lettre ouverte aux policiers diffusée pendant l'entre-deux-tours,
Macron a promis d'augmenter et de diversifier le recrutement mais "sans
bouleverser les structures, et en garantissant aux services la stabilité
indispensable à l'amélioration constante des compétences et des expertises".

Il a en revanche axé ses propositions sur une meilleure coordination entre
différents services, via une future "task-force anti-Daech" (acronyme arabe de l'organisation jihadiste Etat islamique), composée de 50 à 100 agents, placée directement auprès du président de la République.

Quatrième ministre de l'Intérieur à exercer ses fonctions sous le régime del'état d'urgence mis en place au soir des attentats du 13 novembre 2015,
Gérard Collomb devra gérer les conséquences opérationnelles et politiques d'une éventuelle levée d'un dispositif vivement critiqué par des défenseurs des libertés publiques.

Macron a pris soin de garder toutes les options ouvertes. "S'il est avéré que ce que permet l'état d'urgence, à savoir les perquisitions administratives, se justifie compte tenu de la menace et du niveau de risque, je le maintiendrai, s'il est avéré qu'il ne sert plus à rien (....) je le suspendrai", a-t-il déclaré à Mediapart le 5 mai. Il reviendra au prochain Parlement élu de voter ou non sa levée.

Moins de six mois après de retentissantes manifestations de policiers dans les rues du pays, l'attente des syndicats aussi est forte. "Il est important que le ministre (...) soit le plus rapidement possible dans le dialogue social", espère Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat Alliance, majoritaire chez les gardiens de la paix et les gradés.

L'attractivité des métiers de la sécurité publique, la délicate réforme des
cycles de travail, la reconnaissance de l'investigation ou encore le recentrage des missions sur le coeur de métier: les organisations syndicales ont déjà dressé la liste des doléances.

Pour certains, le malaise révélé par ce mouvement de colère inédit demeure,
malgré un plan de 250 millions d'euros et une nouvelle loi assouplissant les
règles de la légitime défense.

"Si on pense que la page de ce qui s'est passé cet automne est refermée, on se trompe lourdement. Il y a une crise profonde dans la police", estime un ex-conseiller ministériel.

Sur le plan du budget, le nouveau ministre continuera de bénéficier
d'arbitrages favorables puisque M. Macron a promis le recrutement de 7.500 policiers et 2.500 gendarmes au cours des cinq prochaines années, en plus duremplacement des départs à la retraite.

Il est également très attendu sur les nominations à la tête des grandes
directions de l'administration, où plusieurs "grands flics" s'apprêtent à
passer la main. Premier test sensible avec la nomination du nouveau patron de la DGSI, fer de lance de la lutte antiterroriste.


Avec AFP



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