Lyon 1ère

Grenoble: évacuation d'un campement illicite et de ses 150 migrants

Mercredi 24 Mai 2017

Un campement de réfugiés, rassemblant depuis février plus de 150 personnes, dont une cinquantaine d'enfants, dans un parc du centre de Grenoble, a été évacué.

La préfecture avait placardé le matin un arrêté de mise en demeure de
quitter les lieux, arguant d'un "trouble à l'ordre public d'une particulière
gravité", à quelques encablures de la mairie et du Stade des Alpes.

Elle a listé les incidents qui se sont produits dans ou aux abords de ce
camp, où vivent "102 adultes et 54 enfants" dont des bébés: une "rixe" jeudi dernier impliquant "une trentaine d'individus", des incidents dans la nuit de samedi à dimanche avec des personnes armées "de couteaux et barres de fer" et
enfin lundi un début d'incendie dû à un cocktail Molotov.

Les associations de soutien ont dénoncé "une opération d'intimidation de fachos: ils ont tourné samedi en moto autour du camp avec des battes de baseball en lançant des injures racistes" à l'encontre des occupants, originaires en majorité des Balkans (Albanie, Macédoine, Kosovo,
Serbie).

"Les gens ont peur", a déclaré Mathilde, de l'association Droit au Logement Isère. "Je suis écoeurée, la préfecture a saisi ce prétexte pour les expulser plutôt que de les héberger", a dénoncé une membre du collectif "la Patate chaude".

Une autre militante a déploré le déplacement des enfants scolarisés à
quelques jours des bilans d'orientation et, pour nombre d'entre eux, de
l'examen du diplôme d'étude en langue française DELF), sésame d'insertion.

Une précédente tentative de vider le camp en février avait tourné court
devant la réticence des habitants et la présence de militants.

Mi-avril, la mairie de Grenoble, dirigée par une coalition EELV-Parti de
gauche-citoyens, avait intenté un recours en justice pour obtenir l'expulsion du camp Valmy.

Cet ensemble de tentes et de baraques de fortune, sans eau ni
électricité, occupe une extrémité de l'emblématique parc Mistral.

Le tribunal administratif l'avait déboutée aux motifs qu'en l'absence d'une solution d'hébergement d'urgence, une évacuation aurait pour conséquence "de placer ces personnes, dont de nombreux enfants, dans une situation de
précarité encore plus grande, voire de mettre en jeu leur sécurité en les
dispersant dans les rues de la ville".

Cette fois-ci, les demandeurs d'asile ont été acheminés vers deux gymnasesde la ville pour y "être logés de manière provisoire, dans l'attente d'un hébergement plus pérenne en Centre d'accueil pour demandeur d'asile (CADA)", selon la préfecture.



Avec AFP






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