Lyon 1ère

Grenoble: relaxe requise en appel pour un couple après le suicide d'un adolescent

Mercredi 12 Octobre 2016

L'avocat général a requis mardi la confirmation de la relaxe d'un couple, jugé en appel à Grenoble pour
"non-assistance à personne en danger" après le décès en 2013 d'un adolescent de 15 ans.

Julien C. est mort le soir du 28 novembre 2013, 24 heures après avoir ingéré un grand nombre de comprimés de Colchimax, un médicament destiné à sa belle-mère trouvé au domicile paternel, à Saint-Quentin-Fallavier (Isère).

La veille au soir, l'adolescent avait été pris de maux de ventre, de vomissements et de diarrhées et sa belle-mère, Karine G., infirmière de métier avait suspecté une gastro-entérite.

Depuis, sa mère et son grand-père, domiciliés dans la Loire, se battent pour comprendre pourquoi le père de l'adolescent et sa compagne n'ont pas prévenu les secours plus tôt. Notamment après la découverte, le jour du drame, de boîtes de cachets vides dans la pharmacie de la maison.

"Je considère que dans ce dossier, vous n'avez pas de certitudes, ni de faisceaux de preuves qui puissent aboutir à une condamnation", a déclaré dans son réquisitoire Gilles Delorme, "même si, au regard du principe de précaution, on aurait dû l'emmener à l'hôpital".

Mais pour l'avocat général, le non-respect du principe de précaution ne peut être assimilable à la non-assistance à personne en danger "car dans ce cas, a-t-il dit, le péril imminent n'était pas évident".

En septembre 2014, Laurent C. et Karine G. avaient été relaxés par le tribunal correctionnel de Vienne (Isère).

"Karine G. avait conscience qu'il avait pu prendre ces médicaments. Elle savait que cet enfant était potentiellement bourré d'opium. Pourquoi n'agit-elle pas ? C'est la définition même de non-assistance à personne en danger", a plaidé pour sa part Me Elsa Ghanassia, l'avocate de la partie civile, pointant "une erreur d'appréciation grave".

"Dans la mesure où Julien niait avoir pris ces médicaments, et où mon mari me disait qu'il n'était pas capable de se suicider, on n'a pas jugé urgent d'appeler un médecin. D'ailleurs, son état n'a pas empiré avant la fin de journée", a expliqué Karine G. à la barre.

"On s'est demandé s'il ne fallait pas appeler un médecin, mais on s'est dit que pour une gastro, ce n'était pas la peine", a renchéri son compagnon. "J'étais loin de penser qu'il avait pris des médicaments. Pour moi, on ne se suicide pas à 15 ans", a-t-il ajouté.

La cour a évoqué à l'audience les "difficultés" scolaires de l'adolescent, ses "mauvaises fréquentations", ses vols et sa "prise de cannabis", notamment au cours des semaines précédant le drame. Julien vivait également une rupture sentimentale et souffrait de cette séparation.

"Julien multipliait un certain nombre de passages à l'acte. Il prenait du cannabis et s'était fait renvoyer par deux fois de son établissement", a détaillé la cour.

"Ce qu'il y a de plus effrayant, c'est que Julien a voulu mourir. Il n'y a pas eu d'appel au secours. Il est parti sans un mot pour personne", a souligné pour sa part Me Yves Sauvayre, l'un des avocats du couple.

La cour a mis sa décision en délibéré au 6 décembre prochain.


Avec AFP

 
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