Lyon 1ère

Haute-Savoie: une collégienne grièvement brûlée par une camarade

Mercredi 24 Mai 2017

Haute-Savoie: une collégienne grièvement brûlée par une camarade
Une collégienne d'Annecy était
mercredi soir entre la vie et la mort après avoir été grièvement brûlée par
une camarade du même âge dans la cour de récréation, une agression rarissime dans les annales des violences scolaires.

Le drame s'est noué vers 10H00 à l'intercours au collège Le Semnoz, non
loin d'autres élèves.

Les deux jeunes filles de 15 ans se sont retrouvées un
peu à l'écart.

"Il semble qu'il préexistait depuis quelques temps un litige, connu de l'établissement", a indiqué la procureure d'Annecy, Véronique
Denizot.

Là, l'une a aspergé l'autre d'un liquide inflammable et y a mis le feu. Des
membres du personnel sont immédiatement intervenus pour éteindre les flammes, selon la direction de ce collège de 850 élèves.

Un surveillant a été légèrement brûlé aux deux bras en enserrant la victime pour étouffer le feu.

Transportée en urgence au Centre des grands brûlés à Lyon, la jeune fille a
été "placée sous coma artificiel". Elle serait touchée au visage, au dos et
aux épaules.

L'auteure présumée de l'agression a été interpellée peu après avoir quitté
le collège et "placée en garde à vue sous la qualification de tentative
d'assassinat".

L'enquête a été confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie
d'Annecy, qui procédait dans la soirée à des auditions.

La jeune fille passera une nuit en cellule de garde à vue, où "elle sera particulièrement surveillée", a assuré la magistrate à l'AFP. "Il n'y a aucune urgence à la déférer devant un juge, et la garde à vue pourra être prolongée jeudi" selon la magistrate

Au collège de Seynod, commune qui a fusionné avec Annecy, tout le monde
était sous le choc ce mercredi.

Une cellule d'urgence médico-psychologique a été mise en place pour prendre en charge élèves et adultes. Elle sera maintenue "aussi longtemps que nécessaire", a assuré le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, qui a fait part de sa "très grande émotion".

Le président du conseil départemental, Christian Monteil (DVD), dont l'institution a la charge des collèges, a fait part de son "effarement" devant ce "drame". Il touche "un collège sans histoire, très mixte socialement mais tiré vers le haut par ses options culturelles et notamment le théâtre qui assure sa bonne cote", a déclaré à l'AFP la maire déléguée de Seynod, Françoise Camusso (LR).

Les deux élèves "avaient du mal à se supporter, elles étaient tout le temps
en conflit, mais ne s'étaient jamais battues. Les professeurs l'avaient
remarqué, c'était tendu, mais de là à brûler... ça nous plonge dans le
désarroi", a poursuivi Mme Camusso.

Chaque année en France, quelques cas de violences graves entres élèves d'un même établissement sont recensés, mais il s'agit généralement d'agressions commises par des garçons à l'arme blanche ou avec des objets contondants (matraques, marteau...).

Celles commises par des filles sont beaucoup plus rares. Le dernier cas
remonte au 20 mai 2010: une élève de 5ème avait été blessée d'un coup de
couteau à l'abdomen par une camarade dans la cour du collège
Martin-Luther-King de Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), à la suite d'un différend.

Les agressions à l'aide d'un produit toxique sont encore plus
exceptionnelles. Le dernier cas similaire remonte au 28 juin 2005. Une
adolescente de 13 ans avait été gravement brûlée par un liquide vidé sur sa tête par trois garçons de sa classe, au collège Emile-Littré de
Douchy-les-Mines (Nord).



Avec AFP





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