Lyon 1ère

Haute-Savoie: une nourrice et une mère mises en examen après le décès d'une fillette

Samedi 10 Juin 2017

Une nourrice et une mère ont été mises en examen après le décès d'une fillette de deux ans en février à Evian
(Haute-Savoie), l'une pour "homicide involontaire" et l'autre pour "privation
de soins", selon le Parquet.

L'affaire avait débuté le 14 février quand la petite fille de 22 mois avait
fait un malaise chez son assistante maternelle. Cette dernière, qualifiée de "sérieuse" et "attentive", avait eu le "bon réflexe" d'appeler les pompiers et
le Samu, a déclaré à l'AFP le procureur de Thonon-les-Bains.

Guidée au téléphone par un médecin, elle avait tenté de réanimer l'enfant
qui était morte peu après. "Elle l'a insufflé, a fait un massage cardiaque
mais manifestement au niveau de l'abdomen au lieu du thorax", a détaillé Philippe Toccanier, qui parle d'un dossier "humainement douloureux".

L'autopsie et les analyses complémentaires, dont les conclusions ont été rendues mi-mai, ont permis de déterminer que la petite fille était morte d'une fracture du foie et d'une hémorragie abdominale "directement liées aux gestes inappropriés de réanimation", a poursuivi le procureur.

L'enquête a aussi porté sur les causes du malaise initial de l'enfant, "qui
présentait une fièvre élevée depuis trois jours et qui n'avait pas vu de
médecin", selon la même source.

Les investigations ont mis en lumière des "maltraitances antérieures, des
hématomes, des privations de soins et des problèmes d'hygiène", imputables à la mère de l'enfant.

Celle-ci, séparée du père depuis l'été 2016, sans connaissance ou famille
dans la région, était "très isolée et complètement débordée" pour mener de front sa vie de mère célibataire et son travail en Suisse, pour lequel elle
avait des inquiétudes.

Le 24 mai, l'assistante maternelle, "effondrée", a été mise en examen pour "homicide involontaire" et interdite d'exercer et la mère pour "violences habituelles sur mineur de 15 ans et privation de soins", des qualifications correctionnelles et non criminelles. Toutes deux ont été laissées libres sous
contrôle judiciaire.

"C'est un enchaînement de petits éléments qui mènent à une issue
dramatique", a estimé M. Toccanier.

D'autres investigations devront encore
être menées pour déterminer l'attitude des intervenants médicaux qui avaient eu connaissance de la situation de l'enfant.





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