Lyon 1ère

Intrusion à la centrale de Cruas: 4 mois avec sursis pour les militants de Greenpeace

Jeudi 28 Juin 2018

Intrusion à la centrale de Cruas: 4 mois avec sursis pour les militants de Greenpeace
Les 22 militants de Greenpeace qui s'étaient introduits en novembre dans la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche) ont été condamnés jeudi à quatre mois de prison avec sursis et 500 euros 
d'amende par le tribunal correctionnel de Privas.
 
Parmi ces activistes poursuivis pour intrusion, les trois militants qui étaient déjà sous le coup d'un sursis ont en outre écopé d'une mise à l'épreuve de 18 mois.
 
Le chargé de campagne de l'ONG Yannick Rousselet, poursuivi pour complicité, est lui relaxé.  
 
Greenpeace France a également été condamnée à 25.000 euros d'amende et 50.000 pour le préjudice moral. Une expertise a été ordonnée pour évaluer le préjudice matériel.
 
Le 28 novembre, ces 22 militants s'étaient introduits dans la centrale nucléaire ardéchoise pour dénoncer la "vulnérabilité" des installations, en particulier les "failles" dans la sécurité des piscines d'entreposage du combustible usé, notamment dans le contexte de risque terroriste.
 
"Le tribunal a infligé des peines moins lourdes qu'en Moselle, pour des faits postérieurs", a relevé l'avocat de Greenpeace, Me Alexandre Faro, auprès de l'AFP.
 
En février, huit militants de l'ONG qui s'étaient introduits en octobre 2017 dans la centrale de Cattenom ont été condamnés à des peines allant de 5 mois de prison avec sursis à deux mois ferme --une première-- pour deux d'entre eux. Ils ont fait appel du jugement. 
 
"Le fait de ne pas avoir été condamné à de la prison ferme est capital. C'est très important pour nous", a réagi Yannick Rousselet auprès de l'AFP. "On se donne un peu de temps pour décider ou non de faire appel".
 
Ces peines sont aussi plus clémentes que celles réclamées lors du procès le 17 mai. Six mois de prison avec sursis avaient été requis pour 19 des militants ayant pénétré dans l'enceinte, ainsi que pour Yannick Rousselet resté à l'extérieur, et quatre mois ferme pour les trois autres, déjà sous le coup d'un sursis.
 
Pour Greenpeace France, le magistrat avait requis une amende de 30.000 euros.
 
L'avocat d'EDF, Me Thibault de Montbrial, avait réclamé pour sa part 1,2 million d'euros de préjudices, estimant que Greenpeace, avec son budget de 20 millions, a "des moyens considérables".
 
"La stratégie d'EDF de réclamer des peines de prison plus lourdes et des dommages et intérêts colossaux à Greenpeace pour nous dissuader de dénoncer le risque nucléaire, a échoué", s'est félicitée l'ONG.
 
A l'issue des intrusions à Cattenom et Cruas, une commission d'enquête parlementaire a été mise sur pied à l'Assemblée nationale. "On attend avec impatience le rapport qu'elle doit rendre début juillet", a déclaré M. Rousselet. 


Avec AFP


 

Gérald BOUCHON---un incendie, un accident, un radar...appelez notre numéro URGENCES 24H/24, 7J/7: 0950.21.90.20