Lyon 1ère

L'Opéra de Lyon face à une danseuse congédiée après un accouchement

Jeudi 9 Novembre 2017

L'Opéra de Lyon face à une danseuse congédiée après un accouchement
Six mois de prison avec sursis ont été requis jeudi à l'encontre du directeur du ballet de l'Opéra de Lyon, accusé de discrimination au travail et harcèlement par une ancienne danseuse dont le contrat n'avait pas été renouvelé à son retour de maternité.

"Ici, le doute est absent", "il y a un certain nombre d'éléments objectifs
à charge" et "le code du travail et le code pénal s'appliquent aussi à l'Opéra de Lyon", a estimé l'avocat général qui a également requis une amende de 8.000 euros.

Les faits remontent à 2014. Karline Marion a 34 ans, elle est CDD à l'Opéra
de Lyon depuis cinq ans. Elle se trouve à ce moment crucial où son contrat
sera requalifié en CDI s'il est renouvelé une 6e fois.

Mais, deux jours après son retour de congé maternité, une lettre lui
signifie son non-renouvellement.

Yorgos Loukos, directeur du ballet depuis 33 ans, motive sa décision auprès de la ville de Lyon qui embauche les danseurs du ballet: "Faiblesse physique et stylistique", "style trop classique".

Or, lors d'un entretien quelques jours plus tard, enregistré par la danseuse, Yorgos Loukos explique: "Je pense que si entre 29 et 34 ans tu as fait pas mal mais pas beaucoup, c'est pas entre 35 et 40 que tu vas faire plus, en plus avec un enfant".

A un autre moment, évoquant un déplacement de la danseuse à Bordeaux en tournée pour s'entraîner avec la troupe, il dit: "Tu peux rester à Lyon pour faire ta gym et t'occuper de ton truc". Ce "truc" étant son enfant.

"Il y a 14 filles dans la compagnie, dix ont des enfants et ça ne pose pas
de problème", a tenté de se justifier jeudi Yorgos Loukos, 67 ans, célibataire et sans enfant lors d'échanges tendus avec le président qui lancera à moment: "C'est moi qui mène la danse ici".

Des propos "blessants" dira la danseuse, qui n'a pas vraiment rebondi depuis et suit une formation pour pouvoir enseigner la danse.

"Il faut que la parole se libère, c'est un peu dans l'air du temps", a plaidé son avocat, Me Thierry Monod, qui réclame 30.000 euros de dommages et
intérêts.

Il faut tenir compte du "contexte excessivement particulier" de devoir
composer un ballet qui doit avoir un rayonnement international avec une
danseuse qui n'était pas "tellement distribuée", a argué Me Frédéric Doyez, avocat de Yorgos Loukos.

Le jugement est attendu dans la soirée.



Avec AFP







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