Lyon 1ère

L'assassinat au cutter d'un adolescent devant les assises du Rhône

Lundi 26 Septembre 2016

Ils auraient attiré Léo, 14 ans, dans un
guet-apens avant de l'égorger au cutter et de le noyer dans le Rhône en mai 2013: deux hommes et une femme comparaissent depuis lundi devant les assises du Rhône pour assassinat et complicité.

Visages sombres dans le box des accusés, Yannis Varaille, aujourd'hui âgé de 27 ans, et Anthony Berger, 31 ans, jugés tous deux pour assassinat, se rejettent la responsabilité des coups mortels, tandis que Marine, 22 ans, la soeur de Yannis, poursuivie pour complicité, nie le rôle d'"instigatrice" dont on l'accuse.

C'est cette jeune fille, cheveux rasés sur les côtés et aux airs de garçon
manqué, qui, le soir du 2 mai 2013, avait dénoncé son frère à ses parents,
lesquels avaient alerté les gendarmes d'Ampuis.

Elle expliquait que Yannis, qui ne supportait pas la proximité de l'adolescent d'origine serbe avec sa nouvelle petite amie, l'avait tué avec l'aide d'Anthony Berger.

Le lendemain, le corps de Fabian Ristic, dit Léo, était retrouvé sur les
rives du Rhône, à Sablons-sur-Isère (Isère), avec une plaie béante au cou.

Yannis Varaille et Anthony Berger étaient interpellés le 3 mai, s'accusant
réciproquement d'avoir porté les quatre coups de cutter. Mais ils impliquaient aussi Marine, qui, la veille du meurtre, aurait demandé à son ami Anthony Berger de venir aider son frère et d'apporter un drap et un couteau.

Une accusation farouchement contestée à l'audience par les parents
Varaille, convaincus de l'innocence de leur fille. Pour eux, Yannis a voulu se
venger de sa soeur "parce qu'elle l'avait dénoncé".

Penaud dans le box des accusés, Anthony Berger, garçon solitaire et sans emploi, décrit par ses ex-petites amies platoniques comme un "enfant d'âge mental", reconnaît avoir accepté de "tenir" Léo pendant que Yannis le
frappait: "J'avais peur de perdre l'amitié des Varaille" en refusant, lâche
celui qui "aurait voulu que Marine soit son amoureuse". Et qui a conscience de s'être "fait avoir".

"Ma soeur aime provoquer et Anthony, c'est un petit chien", assure pour sa
part Yannis Varaille, qui se dit lui-même "réservé et timide". "En prison, du jour au lendemain, j'ai perdu mes amis, ma voiture, ma console de jeux, ça me stresse", explique-t-il à la cour.

A la présidente Blandine Fressard, interloquée qu'il n'invoque pas "les
faits", il répond: "Un peu quand même. C'est assez grave, mais, franchement, je n'arrive pas à réaliser."

"Vous avez cinq jours pour réaliser", lui rétorque Mme Fressard.

Verdict vendredi soir.


Avec AFP





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