Lyon 1ère

L'économie gauloise révélée grace à la découverte d'un lyonnais en Auvergne

Samedi 15 Août 2015

L'économie gauloise révélée grace à la découverte d'un lyonnais en Auvergne
Une découverte archéologique inédite en France: des chercheurs ont mis au jour une centaine de silos de stockage de céréales, datant des Gaulois, sur le site du plateau de Corent (Puy-de-Dôme).
 
"C'est le plus gros ensemble jamais trouvé en France et une découverte majeure pour (...) la compréhension du mode de fonctionnement de l'économie gauloise, qui n'est pas du tout rudimentaire comme on pouvait le supposer il y a une centaine d'années", a déclaré à l'AFP Matthieu Poux, professeur d'archéologie à l'université Lyon-2 et responsable des fouilles, confirmant une information du quotidien Le Monde.
 
"C'est une économie qui dégage des surplus, que l'on stocke et que l'on échange. Il y a un circuit de stockage et de redistribution des ressources et ce genre de découverte nous permet de faire des bonds de géant dans la compréhension de ces mécanismes", a-t-il ajouté.
 
Ces 120 silos, datant de l'Age de Fer (800 à 50 ans avant Jésus Christ) et dont le nombre total est estimé à plus d'un millier, ont été découverts début août en creusant des tranchées dans un ancien lac, à 500 mètres d'altitude, pour en restituer l'histoire sédimentaire, a expliqué le chercheur.
 
Pour l'archéologue, le principe de ces silos est "ingénieux": "creusées dans un sol argileux, pratiquement imperméable à l'eau et à l'air, les fosses étaient remplies à ras bord de blé, orge ou seigle, puis obturées hermétiquement". Chacune pouvait contenir "entre un quintal et une tonne de céréales", portant la capacité du site "à plusieurs centaines de tonnes".
 
Ce système d'"emballage sous vide" permettait de conserver les céréales "plusieurs mois, voire plusieurs années".
 
"Elles ont peut-être été stockées là pour soutenir un siège ou à proximité d'une grande place de marché ou alors c'était un surplus exceptionnel", a estimé Matthieu Poux.
 
Les parois des silos étaient recouvertes d'une couche de charbon montrant que ces installations ont été stérilisées au feu, "afin d'être utilisés plusieurs fois". Les silos "ont été comblés ensuite de terre, car ils ne servaient plus", a souligne le chercheur.
 
"On a le sentiment que tout a été aménagé en peu de temps car les silos sont très régulièrement espacés et on dirait qu'ils ont tous été comblés en même temps", a-t-il noté.
 
Des prélèvements de charbon ont été effectués au fond du silo pour permettre de dater leur époque au carbone 14.



 

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