Lyon 1ère

La République en Marche trouvera-t-elle un second souffle à Lyon ce week-end ?

Jeudi 16 Novembre 2017

La République en marche, qui avance à voilure réduite depuis cinq mois, espère se remettre en mouvement en élisant samedi à Lyon Christophe Castaner à sa tête, dans un contexte tendu par les questions de démocratie interne au sein du parti d'Emmanuel Macron.

Vidé de ses cadres qui ont essaimé de l'Elysée à l'Assemblée nationale, le
parti lancé en avril 2016 par Emmanuel Macron cherche son second souffle.

Il s'agit surtout de ne pas laisser flétrir cet outil de conquête du
pouvoir et s'évaporer ses quelque 380.000 adhérents, conquis par les promesses de renouvellement des pratiques et des figures.

Dans cette perspective, le parti réunit samedi son premier "Conseil", c'est-à-dire son "parlement", composé de 750 membres (dont les 313 députés), pour se doter d'une nouvelle direction.

Le nom du futur patron - le "délégué général"- est déjà connu: ce sera
Christophe Castaner, adoubé il y trois semaines par l'Elysée.

"Mon nom est apparu comme une évidence pour beaucoup", souligne auprès de l'AFP le porte-parole du gouvernement, également secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, qui devra abandonner au moins la première, voire la seconde, de ses casquettes.

"J'ai le sentiment que la base est plutôt favorable à ce que ce soit moi", insiste-t-il. "J'ai l'ADN du mouvement, Emmanuel Macron a confiance en moi et, inversement, on a un appareil à qui il manque une voix. Or ma voix est devenue forte."

De fait, Castaner "coche toutes les cases", répètent à l'envi les cadres
et militants interrogés.

Lui promet en retour qu'il ne "veu(t) pas être le chef" mais "un animateur,
un facilitateur", permettant à chacun de trouver son "utilité" au sein du
mouvement.

"Il faut inverser la pyramide partidaire, en se posant systématiquement la
question: comment le sommet se met au service de la base ? C'est beau sur le papier, je ne sais pas forcément comment je vais arriver à le mettre en
oeuvre", concède-t-il.

Parmi ses missions: "créer un corpus idéologique" pour un parti aujourd'hui
centré sur le programme présidentiel; "préparer les échéances électorales", à
commencer par les européennes de 2019 qui seront le premier test intermédiaire pour le pouvoir.

Si M. Castaner fait consensus, le vernis d'unité craquèle sur la question
de l'équipe qui doit l'entourer, le "bureau exécutif".

Quatre listes de 20 membres sont en piste et celle qui remportera le plus
de voix raflera la mise samedi en fin de matinée.

Deux points en particulier cristallisent les tensions dans le monde
habituellement policé et bienveillant des marcheurs.

D'abord la composition de la liste favorite, concoctée par et pour M.
Castaner. Menée par la députée de Paris Laetitia Avia, elle ne réserve guèrede place aux simples adhérents, qui représentent pourtant 25% du Conseil.

Du coup, chacune des autres listes se prévaut d'incarner la base, tout en
accusant à mots couverts certains cadres de confisquer les responsabilités.

"Inévitablement il y a toujours des mécontentements, des gens qui n'ont pas les postes, beaucoup de marcheurs ont un besoin de reconnaissance", balaie le sénateur François Patriat, membre de la liste favorite, qui minimise ce "mouvement d'humeur, de pureté idéologique".

Deuxième point de crispation: le vote à main levée pour l'élection du
bureau exécutif.

Les représentants des listes outsider y voient une volonté de "flicage",
notamment des parlementaires s'aventurant à ne pas soutenir la "bonne" liste .

Le règlement intérieur du parti permet toutefois un vote à bulletins secrets, si un quart des membres du Conseil en font la demande et que la moitié des membres présents le jour de la réunion l'entérinent. La députée de
l'Isère Cendra Motin était jeudi en passe de réunir le premier quorum demandé.

Reste à savoir comment ces dissensions se mettront en scène lors de ces scrutins à huis clos, avant que ne se succèdent à partir de midi à la tribune le président du MoDem François Bayrou, le Premier ministre Edouard Philippe ou encore le ministre de l'Intérieur...le lyonnais Gérard Collomb.



Avec AFP


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