Lyon 1ère

Le dissident Chinois Wei Jingsheng inquiet de la présidence Chinoise d'Interpol

Mercredi 5 Avril 2017

Le dissident Chinois Wei Jingsheng inquiet de la présidence Chinoise d'Interpol
Le dissident Chinois Wei Jingsheng s'inquiète de la récente élection à la présidence d'Interpol du vice-ministre chinois de la sécurité publique, craignant que Pékin n'utilise l'organisation internationale
de coopération policière pour traquer ses opposants réfugiés à l'étranger.

Meng Hongwei a été élu en novembre par l'assemblée générale des 190 pays membres d'Interpol pour un mandat de quatre ans. Il remplace à ce poste Mireille Ballestrazzi, patronne de la police judiciaire française depuis 2014.

"Avec cette nomination à la tête d'Interpol, le message du gouvernement chinois à tous les opposants politiques comme moi ou aux cadres du parti qui ont fui le pays, c'est: +partout où vous êtes, les polices internationales collaborent avec nous et on vous retrouvera partout où vous serez+. Cela fait peur", dit à l'AFP Wei Jingsheng, de passage mercredi à Lyon où Interpol a son siège.

Meng "est toujours vice-ministre de la sécurité en Chine. Il a dirigé la police secrète", affirme celui qui est surnommé le "père du mouvement démocratique Chinois".

Après 18 ans passés dans les prisons chinoises d'où il a été libéré en 1997, l'écrivain vit depuis aux Etats-Unis.

Plusieurs fois pressenti pour le Nobel de la paix, Wei Jingsheng a reçu le prix Olof Palme, le prix Robert F. Kennedy des droits de l'Homme et le prix Sakharov de la liberté de pensée.

"La collaboration entre le gouvernement chinois et Interpol va s'accroître et ça ne concerne pas seulement les cadres en fuite soupçonnés de corruption mais aussi les dissidents à l'étranger. Avant, il y avait déjà des problèmes mais cela risque de s'aggraver", redoute M. Wei, dont les propos en chinois étaient traduits en français par une interprète non professionnelle.

Interpol réfute. Selon l'article 3 de ses statuts, l'organisation "s'interdit absolument toute intervention à caractère politique, militaire, religieux ou racial", assure à l'AFP le secrétariat général d'Interpol à Lyon qui est de fait le principal administrateur à temps complet de l'organisation.

Financée par les pays membres, Interpol n'agit pas elle-même comme force de police, mais analyse et coordonne les informations transmises sur des personnes suspectées d'activités criminelles ou terroristes par les polices nationales.

A la demande des pays, elle diffuse aussi des "notices rouges", qui ne sont pas des mandats d'arrêt internationaux, mais un moyen par lequel l'organisation informe qu'un mandat d'arrêt a été délivré par une autorité judiciaire d'un de ses membres.

Pour le dissident, qui dit avoir demandé en vain à rencontrer un responsable d'Interpol, les signalements de Pékin, "par exemple pour terrorisme, peuvent servir à rapatrier des opposants politiques".

 
Gérald BOUCHON---un incendie, un accident, un radar...appelez notre numéro URGENCES 24H/24, 7J/7: 0950.21.90.20