Lyon 1ère

Les magistrats du parquet de Lyon mécontents de leurs conditions de travail

Mardi 22 Novembre 2016

Les magistrats du parquet de Lyon mécontents de leurs conditions de travail
Sous-effectifs et surcharge de travail: les magistrats du parquet de Lyon ont dénoncé mardi, dans une motion collective, "le sort qui leur est fait depuis maintenant plus de deux ans", en réclamant des nominations "en urgence" à la Chancellerie.

Face aux mutations à venir, ils constatent que "malgré un sous-effectif chronique depuis plusieurs années au parquet de Lyon, la situation s'aggrave encore davantage, le taux d'absence atteignant au 1er janvier 2017 près de 19%".

L'effectif théorique est de 37 magistrats mais seuls 30 seront présents en début d'année prochaine, en raison de quatre vacances de postes - contre deux actuellement - et de trois absences pour des congés maladie et maternité.

Les magistrats affrontent cette situation alors que leurs missions font l'objet d'un "élargissement incessant", du fait notamment de l'état d'urgence et de la prévention de la radicalisation violente.

Déplorant "la dégradation de la qualité du service rendu aux justiciables" et le "risque croissant d'erreurs d'appréciation et d'analyse", les magistrats demandent à la Chancellerie "d'allouer en urgence"des effectifs supplémentaires.

Dans cette attente, ils ont décidé d'alléger la rédaction de leurs réquisitoires définitifs, sauf dossier particulier, et réclament, entre autres, la suppression de certaines audiences pénales et de la présence du parquet à certaines audiences civiles et du tribunal de commerce.

Ils sollicitent aussi "la suppression de la présence aux réunions qui ne sont pas indispensables".

"Depuis cinq ans, jamais le parquet de Lyon n'aura connu une situation aussi dégradée et si rien n'est fait, elle a vocation à perdurer jusqu'en septembre 2017. Donc on demande des nominations", souligne le procureur de la République, Marc Cimamonti.

"Cette situation s'inscrit dans une crise plus large du ministère public, dénoncée depuis plusieurs années par la conférence nationale des procureurs", ajoute son vice-président.

"On peut comprendre les contraintes actuelles, notamment en matière de terrorisme au parquet de Paris. On ne demande pas un effectif au complet. Mais le ressort de Lyon est aussi exposé aux phénomènes de radicalisation, de violences urbaines, et pour pouvoir répondre aux exigences, pour pouvoir faire des réunions avec les enquêteurs, il faut de la disponibilité", dit le magistrat.


Avec AFP

 
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