Lyon 1ère

Ligue 1 - OL-Guingamp ou la guerre des chefs

Samedi 9 Septembre 2017

"Vilain personnage" pour l'un, "mauvais perdant" et "dirigeant dépassé" pour l'autre : l'avant-match entre l'OL et Guingamp, comptant pour la 5e journée de Ligue 1 dimanche (17H00), a viré à
l'affrontement entre ses patrons respectifs au sujet du PSG et de ses
millions, sur fond de conflit de générations.

"Bertrand Desplat est un vilain personnage sur le plan humain, il n'a
jamais rien créé par lui-même et a profité de la performance des autres", a lancé Jean-Michel Aulas sur Twitter, son moyen de communication favori, piqué au vif par des critiques formulées à son encontre par son homologue breton dans L'Équipe.

Interrogé le 30 août par le quotidien sportif sur les attaques du président
lyonnais, âgé de 68 ans, contre les investissements pharaoniques du PSG lors du mercato estival (recrutement de Neymar et Kylian Mbappé pour plus de 400 M EUR, bonus compris), Bertrand Desplat, 47 ans, avait répondu ne voir là "que la position d'un dirigeant qui se sent dépassé par un nouveau modèle économique et qui la joue mauvais perdant".

Et d'évoquer l'action du Paris SG, qu'il estime positive pour le football français malgré l'enquête ouverte par l'UEFA dans le cadre du fair-play
financier, tout à l'inverse du patron de l'OL qui s'est dit "blessé" par ces
propos.

Les escarmouches se sont d'ailleurs prolongées sur Twitter, avec notamment un hashtag #pansurlatêteàbertrand légendant une photo du board de l'ECA, la
puissante Association européenne des clubs, où Jean-Michel Aulas a été réélu
pour la 5e fois cette semaine.

Les deux dirigeants s'étaient déjà opposés il y a onze mois à l'occasion
d'une fronde des "petits clubs" menée par Desplat à la Ligue de football
professionnel, qu'Aulas a depuis quittée pour rejoindre la Fédaration (FFF) présidée par Noël Le Graët... beau-père du président guingampais.

Les deux hommes auront l'occasion de s'expliquer, dimanche, à l'occasion
d'un déjeuner avant la rencontre opposant les deux clubs au Parc OL.
Invitation qui n'a rien d'exceptionnelle cependant, tant ces repas font partie
du protocole à Lyon.

"Je n'ai pas digéré mais je le recevrai comme je le fais pour tous les
dirigeants européens et français et j'espère pouvoir lui donner quelques
conseils qui lui permettront d'être moins arrogant dans le futur", a déclaré Aulas vendredi.

"Il n'y a pas de guerre. Ce sont des mots trop graves. Nous avons nos
points de vue, souvent différents et quand je ne suis pas d'accord, je ne fais pas semblant de l'être. Cela n'enlève en rien mon estime pour lui. Jean-Michel a eu l'intelligence de calmer le jeu en m'invitant, ce que j'ai accepté", a tempéré de son côté Desplat.

Après la réception de Guingamp, sa bête noire qui l'a battu trois fois la
saison dernière dont deux au Parc OL -- une élimination notamment en coupe de la Ligue dont la finale se jouait dans la nouvelle enceinte lyonnaise --, le fil rouge de la semaine lyonnaise sera le déplacement au Parc des Princes pour affronter le PSG, le dimanche 17 septembre (21H00).

Juste avant le choc de la 6e journée, l'OL tentera de bien débuter jeudi
(19h00) à Chypre contre Limassol sa campagne européenne en Europa League, alors que la finale se jouera, elle aussi, à Décines-Charpieu au printemps 2018.

Si le PSG ne préoccupe pas encore les joueurs lyonnais, Jean-Michel Aulas
reste intarissable sur le modèle économique du club parisien. Il a envoyé un courrier au président du club, Nasser Al-Khelaïfi, pour déplorer "l'ampleur des moyens mis en oeuvre qui n'a fait que croître ces dernières années".

"Il n'y a aujourd'hui plus aucune chance pour les clubs de deuxième niveau de pouvoir concurrencer sportivement le PSG", s'est-il plaint dans cette lettre dévoilée par L'Equipe, regrettant que "les grands argentiers du Qatar" ne démontrent pas leur "solidarité vis-à-vis des autres clubs français" en "participant immédiatement à la revalorisation des droits télévisés" via le groupe BeIN Sports.

Une lettre d'explication et non d'excuses, a précisé "JMA". Comme pour Guingamp, l'avant-match du choc contre Paris, large vainqueur à Metz (5-1) ce vendredi, s'annonce chaud.


Avec AFP





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