Lyon 1ère

Lutte de pouvoir et bataille judiciaire à la mosquée de Givors

Mardi 3 Janvier 2017

Lutte de pouvoir et bataille judiciaire à la mosquée de Givors
Une lutte de pouvoir qui secoue depuis plusieurs mois la Grande mosquée de Givors, deuxième lieu de culte musulman du Rhône, se déplace sur le terrain judiciaire avec la contestation par l'imam de son
exclusion.

En poste depuis plus de vingt ans, Abdelouaheb Bourekhis avait été démis fin septembre de ses fonctions d'imam et de vice-président du conseil
d'administration de l'association Iqra, gestionnaire de la mosquée.

Une audience doit se tenir le 25 janvier au tribunal de Lyon afin d'examiner la procédure civile lancée par M. Bourekhis pour contester cette
exclusion. Son avocat, Me Christophe Bruschi, réclame sa réintégration: "Comme dans un licenciement, on ne connaît pas les motifs de l'exclusion et on critique principalement la procédure qui a été suivie".

Remettant en cause l'authenticité de certaines pièces versées dans la
procédure, M. Bourekhis a également déposé une plainte pénale pour "faux,
usage de faux et tentative d'escroquerie au jugement", comme l'évoque Le Progrès.

Des tensions étaient apparues, selon M. Bourekhis, lorsque le recteur et
président du conseil d'administration de la mosquée, Nacer Saadia, avait
hébergé dans les locaux "une école privée qui tient des propos
discriminatoires, le projet étant de recruter comme professeurs des femmes, de préférence diplômées et portant le hijab".

"Ce n'est pas l'islam que j'ai appris et que j'apprends aux autres", a dénoncé à l'AFP M. Bourekhis, en ajoutant qu'il se dégageait "de toute responsabilité en cas de dérive".

Confirmant que l'accueil de cette école privée hors contrat est à l'origine
du conflit avec M. Bourekhis, un porte-parole de la mosquée a déclaré que le principal fait reproché à l'ancien imam était "une prise de parole le 26 août, dans un prêche, pour demander la destitution de M. Saadia".

"C'est le problème d'une personne que personne n'arrive à raisonner", a dit
le porte-parole, appelant à "l'apaisement" et ajoutant que la mosquée cherchait toujours à recruter un imam "compétent, bilingue, diplômé et de préférence né en France".

Inauguré en avril 2013, l'édifice peut accueillir près de 1.400 fidèles.



Avec AFP




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