Lyon 1ère

Manifestation de parents contre la réintégration d'un instituteur aux méthodes controversées

Mercredi 31 Août 2016

Des parents d'élèves, soutenus par des élus, ont manifesté mercredi soir à Grenoble contre la réintégration d'un
instituteur suspendu deux ans par l'Education nationale pour son "comportement agressif" et des "mesures vexatoires" envers ses élèves.

Entre 150 et 200 parents d'élèves, portant des pancartes "protégeons nos enfants" ou demandant "une rentrée sereine" se sont rassemblés devant l'école Bizanet dans le centre-ville.

"Nous n'imaginons pas que nos enfants puissent s'épanouir avec cet
enseignant. Nous ne voulons pas vivre avec la peur au ventre", a lancé au
micro Delphine Ropers, présidente de l'association des parents d'élèves.

En janvier 2014, l'instituteur, alors en poste à l'école Menon, voisine, avait fait l'objet d'une suspension disciplinaire de deux ans à la suite de
plusieurs incidents avec des élèves.

Il avait contesté cette décision en justice. Mais dans un jugement du 29
octobre 2014 rejetant sa requête, le tribunal administratif de Grenoble
soulignait que l'intéressé avait "avec ses élèves un comportement qui peut
être agressif, brusque, voire brutal et s'accompagner de mesures vexatoires".

"Il profère des insultes à l'encontre de certains de ses élèves, fait des
remarques particulièrement méprisantes et tient régulièrement des propos orduriers et grossiers", pointait aussi le tribunal. L'enseignant a fait appel de ce jugement.

Dans une frise historique donnée à des élèves de CE2, il faisait apparaître
les "camps de concentration" parmi les "constructions" notables du XXe siècle
au même titre que les gratte-ciel ou que la Tour Eiffel et les cathédrales
pour les époques antérieures.

L'ancienne ministre et députée de l'Isère Geneviève Fioraso (PS) ainsi que
le maire de Grenoble Éric Piolle (EELV) sont intervenus auprès de l'Education
nationale au début de l'été pour que cet enseignant ne soit pas réintégré dans un établissement aussi proche du précédent.

"Il est anormal qu'un enseignant qui a eu ce type de comportement puisse
enseigner à nouveau", estime même Mme Fioraso, soulignant que certains enfants "suivent encore une psychothérapie".

L'enseignant "a purgé sa condamnation, donc il a droit au réemploi à l'Education nationale dans les fonctions qui étaient les siennes
antérieurement", a affirmé pour sa part l'inspectrice d'académie Dominique Fis, en évoquant une question "délicate du point de vue juridique".

"Il est titulaire et a le droit d'enseigner. Ce ne sont pas les parents d'élèves qui choisissent leur enseignant", a jugé quant à lui Me Jean-Yves Balestas, avocat de l'instituteur.


Avec AFP




Gérald BOUCHON---un incendie, un accident, un radar...appelez notre numéro URGENCES 24H/24, 7J/7: 0950.21.90.20