Lyon 1ère

Obsèques de Paul Bocuse, des toques et des larmes

Vendredi 26 Janvier 2018

Certains l'ont côtoyé, d'autres non, mais Bocuse les a tous marqués: grands chefs, cuisiniers amateurs ou simples anonymes. Et la pluie ne les a pas empêchés de venir aux obsèques de Monsieur Paul, 
"quelqu'un de bien" qui les laisse tous "orphelins".
 
Ancienne employée d'une brasserie du défunt, Jeanne, 65 ans, a tenu à être parmi les premières sur le parvis de la cathédrale Saint-Jean, où un portrait géant du pape de la gastronomie était accroché.
 
"J'avais envie d'être présente à ses côtés, je ne pensais pas que j'aurais été aussi émue. Monsieur Paul, c'était quelqu'un de bien, il venait toujours serrer les mains des employés", se souvient-elle.
 
Quelques centaines de personnes se sont pressées sous des parapluies pour suivre la cérémonie sur écran géant, tandis qu'un millier d'invités, dont de nombreux chefs, avaient pris place à l'intérieur de la primatiale.
 
Valentin, 17 ans, a lui aussi côtoyé de près Bocuse, comme commis à l'auberge de Collonges-au Mont-d'Or l'an dernier.  "Monsieur Paul, je le voyais tous les matins à neuf heures. C'est un souvenir très fort", raconte le jeune homme au visage grave.
 
Pour Jean, pâtissier-traiteur originaire du Jura, "la profession est en deuil". "On perd une grande personne, il a rayonné partout", ajoute ce sexagénaire. Pierre, 54 ans, est venu en tant qu'"épicurien". "Pour moi, Bocuse représentait une ode à la vie. Sa cuisine était une valse de saveurs et de couleurs."
 
Quelques minutes avant l'entrée du cercueil dans la primatiale, un étudiant libanais à l'Institut Bocuse, Tamim Appieh, 32 ans, confiait se donner pour mission de "perpétuer son héritage". "Chef Paul est une personnalité internationale, il représente l'innovation", a poursuivi le jeune homme, qui s'est aussi promis de manger prochainement la fameuse soupe aux truffes ayant participé à la renommée du maître des fourneaux.
 
Passionnée de cuisine, Sabine Ossonce, 25 ans, considère que Paul Bocuse a "ouvert la cuisine pour tout le monde". Grâce à lui, les amateurs ont compris qu'il ne fallait pas forcément "des produits haut de gamme pour que ce soit bon".
 
Parmi les chefs, venus en grand nombre, Yannick Alléno s'est fait le porte-voix de ses confrères: "On est tous là pour lui aujourd'hui, c'est le Johnny Hallyday de la cuisine". "La cuisine est orpheline mais on va faire en sorte de continuer ce qu'il a construit", ajoute celui qui avait appelé il y a encore un mois le patriarche, "toujours très alerte", pour un conseil culinaire.
 
Mathieu Viannay, aux commandes du restaurant La Mère Brazier à Lyon, l'avait revu quant à lui à l'automne. "Avec son sourire, ses yeux pétillants et son humour. C'était toujours un plaisir et un régal de passer un moment avec lui", raconte-t-il.
 
Pour Antoine-Patrick Caestecker, chef d'un restaurant à Sao Paulo au Brésil, "c'était impossible de ne pas venir car Bocuse est un père spirituel".
 
Pour la sécurité de la cérémonie, tous les agents du renseignement territorial s'étaient portés volontaires, selon une femme policier, émue. "Il nous a toujours fait manger comme les personnalités qu'on protégeait. C'est des bons souvenirs parce que Monsieur Paul nous disait :+Chez moi, personne ne reste debout, tout le monde mange+".


Avec AFP

 

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