Lyon 1ère

Plan social chez Renault Trucks: les salariés défilent à Lyon, Macron met la pression

Mardi 16 Juin 2015

Un millier de salariés de Renault Trucks (groupe Volvo) ont défilé mardi jusqu'à la préfecture de Lyon pour dénoncer un plan de 512 suppressions de postes, se faisant entendre du ministre de l'Economie Emmanuel Macron qui a demandé aux dirigeants du constructeur d'"améliorer" leur copie.
 
"Volvo voyou", "Actionnaires toxiques", "Cevian voleurs": de nombreuse banderoles fustigeaient des "licenciements boursiers" mais aussi la maison mère suédoise du groupe et un de ses actionnaires, un fonds activiste, à l'appel de l'intersyndicale (CFE-CGC, CFDT, CGT, SUD, FO et CFTC).
 
Les manifestants ont aussi demandé au Premier ministre Manuel Valls, qui avait jugé le mois dernier que ce plan ne pouvait être accepté en l'état, de passer "des paroles aux actes".
 
Pendant que les salariés --essentiellement des cadres-- défilaient, le ministre de l'Economie Emmanuel Macron recevait le PDG du groupe à Bercy, en présence du sénateur-maire (PS) de Lyon Gérard Collomb.
 
Le ministre a indiqué, à l'issue de l'entretien, qu'il avait demandé aux dirigeants de Volvo et de Renault Trucks d'"améliorer" leur copie sur le plan des 512 suppressions d'emploi annoncé chez le constructeur de poids lourds.
 
"Nous sommes au côté des salariés et la copie qui a été présentée sera améliorée", a affirmé M. Macron. Le ministre a affirmé avoir réclamé "de revoir les annonces qui ont été faites pour ne pas procéder à des licenciements secs".
 
"Il n'est pas acceptable qu'une telle annonce nous ait été notifiée de la sorte, après 500 suppressions d'emplois qui ont été décidées en 2014", a aussi asséné le locataire de Bercy.
 
En mars 2014, le groupe avait déjà annoncé 508 suppressions d'emplois en France, dont 319 dans son fief historique de l'agglomération lyonnaise, sans licenciement sec au final.
 
A Lyon, une délégation de 10 élus du personnel a été reçue par le préfet Michel Delpuech.
 
Estimant que son inquiétude "a été entendue", la CFE-CGC, premier syndicat de l'entreprisse, a dit espérer "que la direction tiendra compte de cette mobilisation", alors qu'une nouvelle réunion de négociation est prévue mercredi.
 
"Les services de l'Etat seront plus fermes cette année (que lors du plan social de l'an dernier, ndlr) sur les mesures d'accompagnement des postes supprimés", a aussi relevé Eric Freyburger, secrétaire secrétaire CFE-CGC du CCE Renault Trucks, après la rencontre préfectorale.
 
Selon Olivier Repessé, délégué FO Renault Trucks "les représentants de l'Etat sont à l'écoute et partagent les inquiétudes des représentants du personnel. Ils sont inquiets et ont commencé à travailler avec le cabinet d'Emmanuel Macron", ce qui promet des "discussions fermes entre l'Etat et Volvo", a-t-il pronostiqué.
 
Les syndicats espèrent que le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (Direccte) pèsera sur les négociations.
 
"C'est lui qui va homologuer le plan social. Il pourrait le rejeter et demander à Volvo de revoir sa copie", ou tout au moins "réduire le volume" des suppressions d'emplois, avait affirmé plus tôt dans le cortège Olivier Repessé.
 
Parmi les pistes proposées pour sauver des emplois, figure "une prise de participation de l'Etat dans le capital de 150 millions d'euros, pour financer la gamme de camions de moyen tonnage, ce qui est à la mesure des finances de l'Etat français", a avancé M. Freyburger. Mais "il n'y a pas eu de réponse sur ce point", a-t-il indiqué après la réunion à Lyon.

Avec AFP


 

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