Lyon 1ère

Pollution: alerte levée à Lyon...pas à Grenoble

Mardi 13 Décembre 2016

Au huitième jour d'un pic de pollution, l'agglomération grenobloise a durci mardi ses restrictions de circulation qui touchent désormais un véhicule sur quatre, misant pour l'heure sur la pédagogie et le civisme sans recourir aux amendes.

C'est la seconde marche du dispositif que le gouvernement entend généraliser: après l'interdiction samedi des véhicules de plus de 20 ans, de certains poids-lourds et autocars ainsi que des deux-roues d'avant l'an 2000, cette fois ce sont les voitures diesel de plus de 10 ans qui n'ont théoriquement pas le droit de circuler dans les 49 communes de l'agglomération.

Elles portent des vignettes "qualité de l'air" numérotées 4 et 5, et au total, ce sont désormais 26% des 320.000 véhicules du bassin grenoblois qui sont invités à rester au garage.

Invités seulement car les contrôles sont à visée pédagogique jusqu'à la fin de l'année.

Après le 1er janvier 2017, tout contrevenant sera passible d'une amende de 22 euros si payée de suite, 35EUR si payée avant 45 jours et majorée à 70EUR au-delà.

"On prend le temps, lors de ce premier pic de pollution d'informer les gens qui sont globalement attentifs et positifs", a déclaré à l'AFP Eric Piolle, maire (EELV) de Grenoble.

"Cette phase pédagogique est très importante; elle permet à chacun de regarder comment il peut s'organiser: quel bus prendre ou comment faire du covoiturage", a-t-il ajouté, rappelant que le protocole est "ambitieux" car il fixe un seuil de déclenchement des mesures "tôt" par rapport à d'autres villes.

Ce week-end déjà, les habitants ont infléchi leur habitudes: "On a noté 5% de baisse du trafic routier, 7% de hausse de la fréquentation des transports en commun et 16% pour la pratique du vélo, par rapport à la fin de semaine précédente", s'est réjoui Yann Mongaburu, président du Syndicat mixte des transports en commun (SMTC) de la métropole.

Depuis lundi, les transports en commun sont gratuits pour "accompagner" les restrictions de circulation. "Cela représente environ 60.000 euros de manque à gagner pour les opérateurs de bus et de tramways que la collectivité va compenser" sur ses deniers, a déclaré à l'AFP M. Mongaburu.

De plus, la Métropole augmente les capacité de stationnement et mise sur l'information des citoyens mais aussi des 220 entreprises du territoire qui ont mis en place des plans de déplacement et sont actives en cas de pic de pollution pour, par exemple, organiser du covoiturage.

"Un pic de pollution n'est jamais une bonne nouvelle. Ca expose la population, surtout les automobilistes et les personnes les plus précaires qui vivent à proximité des axes routiers", a rappelé M. Mongaburu.

"Ce qui est une bonne nouvelle, par contre, alors que nous sommes dans la première activation de ce dispositif, c'est que la population répond présente pour relever le défi d'un changement de comportement", a souligné l'élu.

Reste à voir l'ampleur de ces changements alors que Météo France "prévoit un renforcement de la stabilité atmosphérique, et des inversions de températures de plus en plus marquées" responsables de l'effet "couvercle" dans les vallées alpines, a expliqué Géraldine Guillaud, ingénieure coordinatrice chez Atmo Auvergne-Rhône-Alpes, l'organisme chargé de surveiller la qualité de l'air.

"Donc on n'est pas sorti de l'auberge... On ne prévoit pas de sortie du pic de pollution avant jeudi pour Grenoble, les zones urbaines des Pays de Savoie (Chambéry et Annecy) et la vallée de l'Arve", a ajouté Mme Guillaud.

En haute vallée de l'Arve, entre Magland et Chamonix, la préfecture de Haute-Savoie a mis en place une circulation alternée des poids lourds les plus polluants depuis 5h00 mardi matin.

Une bonne nouvelle est toutefois venue de Lyon où l'alerte pollution a étélevée en milieu de journée, après 12 jours de taux de particules fines supérieurs au seuil réglementaire.


Avec AFP

 
Gérald BOUCHON---un incendie, un accident, un radar...appelez notre numéro URGENCES 24H/24, 7J/7: 0950.21.90.20