Lyon 1ère

Prison ferme requise contre deux femmes pour un "désenvoûtement" mortel

Jeudi 3 Décembre 2015

Prison ferme requise contre deux femmes pour un "désenvoûtement" mortel
Un et deux ans de prison ferme, avec obligation de soins, ont été requis jeudi contre deux femmes accusées devant les assises du Rhône d'avoir provoqué la mort de la mère de l'une d'elles lors d'une séance de "désenvoûtement".
 
"Nous avons deux personnes dont l'euphorie a mené à cet acte totalement irrationnel", a déclaré dans son réquisitoire l'avocat général, Guillaume Michel, évoquant "une dynamique de la mort".
 
Rania Rouabhi, 52 ans, et Saoussen Dridi, 34 ans, sont jugées depuis mardi pour des "violences commises en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner".
 
En juin 2007, elles avaient fait connaissance dans un hôpital de Lyon où, dépressives, toutes deux séjournaient après des tentatives de suicide. A leur sortie, Rania s'installe chez Saoussen, qui vit avec sa mère, âgée de 77 ans.
 
Selon sa version des faits, Saoussen Dridi croyait sa mère possédée par un esprit malin et Rania Rouabhi lui aurait proposé de la "désenvoûter" après lui avoir fait part de ses "dons" en la matière. Ce qu'elle aurait accepté, sans assister à la séance fatale au cours de laquelle la victime serait morte étouffée, la tête prise dans un sac plastique afin que le "malin" sorte par ses yeux et ne puisse s'échapper ensuite. Mais Rania Rouabhi assure que son
amie d'alors avait bien pris part au rite censé désensorceler sa mère.
 
A l'encontre de Rania Rouabhi, qui "s'est autoproclamée guérisseur" et a agi "sans le consentement de la victime", l'avocat général a requis de quatre à cinq ans d'emprisonnement, "dont deux ans ferme", "au regard de l'ascendant" qu'elle avait pris sur sa complice présumée. Il a requis une peine de prison similaire mais avec un an ferme seulement à l'encontre de Mme Dridi.
 
Le magistrat a assorti ses réquisitions d'une mise à l'épreuve avec obligation de soins, les expertises ayant fait ressortir de nombreuses failles dans la personnalité, fragile et perturbée, des deux accusées.
 
"La rencontre de ces deux paumées, c'est la matrice de cette tragédie", a plaidé l'avocat de Mme Rouabhi, Me Wilfried Grepinet, minimisant la responsabilité de sa cliente et appelant à la clémence de la cour. "En restant dans son coin, on ne peut-être complice", a rétorqué le conseil de Saoussen Dridi, Me Malik Nekaa, qui a demandé l'acquittement de sa cliente.
 
Le verdict est attendu jeudi après-midi.


Avec AFP

 
Gérald BOUCHON---un incendie, un accident, un radar...appelez notre numéro URGENCES 24H/24, 7J/7: 0950.21.90.20