Lyon 1ère

Rage chez un enfant: Prise en charge antirabique de la famille

Mardi 10 Octobre 2017

Rage chez un enfant: Prise en charge antirabique de la famille
Un enfant de dix ans, habitant le Rhône souffre de la rage après avoir été mordu par un chiot au Sri Lanka.

Il n'y a plus eu de cas de rage "autochtone" chez l'homme en France
métropolitaine depuis 1924. Les seuls cas répertoriés récemment concernent des personnes ayant contracté la maladie à l'étranger : 23 précédents depuis 1970, le dernier remontant à 2014, selon les autorités sanitaires.

L'enfant a été mordu mi-août sur une plage de Dikwella, dans le sud du Sri
Lanka.

"L'enfant l'a caressé(un chiot et comme tous les jeunes chiots, celui-ci
lui a mordillé la main puis il l'a mordillé un peu plus fort et la main a saigné", a précisé le docteur Bruno Morel, directeur délégué veille et coordination des alertes sanitaires à l'Agence régionale de santé (ARS)
Auvergne-Rhône-Alpes.

La morsure "banale" n'avait pas inquiété la famille.

Comme la maladie a une longue période d'incubation (20 à 60 jours en
moyenne), l'enfant n'a été hospitalisé que le 4 octobre et c'est lundi que le
centre national de référence (CNR) de la rage à l'Institut Pasteur a confirmé
le diagnostic.

En réanimation, l'enfant est aujourd'hui "dans un état critique mais
stable" et son pronostic vital est engagé

Les membres de la famille du jeune garçon ont bénéficié "très rapidement
d'une prise en charge par un centre antirabique", a ajouté le Dr Morel.

De plus, une "soixantaine de personnes", notamment les élèves et le personnel de l'école du garçon située à Chasselay, l'ecole de La Fontaine, vont devoir consulter à partir de jeudi en vue d'une éventuelle vaccination, a précisé le Dr Marie-Laure Leroux, médecin conseiller technique de l'Éducation nationale.

Cette campagne sera précédée mercredi d'une réunion d'information avec les parents d'élèves, déjà prévenus par courrier.

La directrice de la santé publique à l'ARS, le Dr Anne-Marie Durand, a
assuré que la "transmission inter-humaine n'avait jamais été rencontrée" et que la vaccination était "protectrice dans tous les cas".

Cependant, une fois déclarée, la maladie est "presque constamment mortelle" en l'absence de traitement efficace.

La rage est d'ailleurs toujours responsable de quelque 59.000 décès par an dans le monde.

Même si la France a été déclarée indemne de la maladie, la rage reste
cependant "une préoccupation", a expliqué à l'AFP Thierry Fosse, chef de
service hygiène et vaccination du CHU de Nice et responsable du centre
antirabique des Alpes-Maritimes.

De nombreux Français en déplacement en Asie, en Afrique, dans certains pays d'Europe de l'Est, au Moyen-Orient ou sur le continent américain, se font en effet mordre par des chiens ou des chats errants porteurs de la rage, parfois même par des singes comme en Thaïlande.

La maladie met du temps à se déclarer car le virus progresse très lentement
de la morsure au cerveau et c'est dans ce laps de temps que les équipes
médicales peuvent intervenir avec une vaccination efficace à 100%

Une fois la maladie déclarée, "c'est possible de passer le cap avec de l'immunothérapie et de la réanimation" mais c'est très rare,
soulignent les spécialistes

Les autorités rappellent qu'en cas de morsure, griffure ou même du simple
léchage d'une plaie ou d'une muqueuse par un animal, il faut procéder à un lavage soigneux avec de l'eau et du savon.

Il convient ensuite de désinfecter
puis de consulter le plus rapidement possible un centre antirabique qui jugera de l'opportunité de procéder à une vaccination.

Et ce, même en France. Car si la vaccination des chiens y est obligatoire, des cas de rage peuvent être importés, par exemple par des chiots entrant illégalement d'Europe de l'Est ou rapportés de voyage, souligne Thierry Fosse.






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