Lyon 1ère

Schizophrène meurtrier: le psychiatre condamné se pourvoit en cassation

Jeudi 24 Mai 2018

Le psychiatre condamné en appel à 18 mois de prison avec sursis pour "homicide involontaire" à Grenoble, après le meurtre
d'un passant, en 2008, par un de ses patients schizophrène, a formé un pourvoi en cassation.

L'arrêt rendu le 15 mai confirmait la condamnation de première instance, datant de décembre 2016, de cet ancien praticien du Centre hospitalier de Saint-Egrève (Isère). "Le pourvoi a été formé le lendemain", a déclaré à l'AFP Me Jean-Yves Balestas, confirmant une information du Dauphiné Libéré.

Le 12 novembre 2008, le patient schizophrène paranoïde, aux antécédents connus, autorisé à des sorties dans le parc de l'établissement psychiatrique, s'en était échappé sans difficulté. Après avoir gagné en bus le centre de Grenoble, à une dizaine de kilomètres, il avait acheté un couteau et poignardé le premier venu. Luc Meunier, un étudiant de 26 ans.

La famille de la victime avait exprimé il y a 10 jours son "soulagement" au terme d'une procédure de presque une décennie, au cours de laquelle ils ont systématiquement contesté les non-lieux rendus dans un premier temps.
Finalement, le tribunal correctionnel puis la cour d'appel leur ont donné raison.

Mais l'avocat du Dr Lekhraj Gujadhur, aujourd'hui âgé de 72 ans et retraité, "ne comprend pas la décision de la cour d'appel", de la même manière qu'il avait marqué son incompréhension après le jugement de première instance, voyant dans son client un "bouc émissaire". Et dans "l'entrée du droit pénal dans la psychiatrie", un risque de bouleversement des pratiques, avec plus
d'enfermement des malades à la clé.

"La cour a démontré qu'on ne pouvait pas savoir qui avait autorisé la permission de sortie vu que cette dernière n'est pas signée", a expliqué Me Balestas. Surtout, "la cour estime que si j'autorise une sortie dans le parc
de l'hôpital, je suis responsable des fugues et des actes commis pendant les fugues. Or ceci est contraire au droit car il n'y a pas de causalité directe", soutient l'avocat.

"L'arrêt de la cour ne se prononce pas sur le lien de causalité or c'est le vrai débat du dossier", insiste l'ancien bâtonnier grenoblois, qui estime à un an le délai pour avoir une décision de la Cour de cassation.


Avec AFP






 

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