Lyon 1ère

Sextuple meurtre: la "jalousie meurtrière" d'un père devant les assises

Mardi 13 Mars 2018

Le procès d'un père de famille, décrit comme
violent et jaloux, et accusé des meurtres de sa compagne, de quatre de leurs enfants et de son frère, s'est ouvert lundi devant la cour d'assises du Rhône.

"C'est dur pour moi parce que mes enfants me manquent", a déclaré dans le box Yassine Mechta, 35 ans, crâne dégarni et vêtu d'un pull gris clair, après avoir laborieusement raconté son parcours, de son enfance au sein d'une fratrie de dix enfants à sa vie conjugale, émaillée de violences.

Le père de famille soupçonnait en permanence sa compagne, avec qui il a eu
cinq enfants, de le tromper et il ne pouvait s'empêcher, selon lui, d'exercer des violences sur elle. "C'était plus fort que moi", a dit cet homme sans profession, qui consommait jusqu'à quinze joints de cannabis par jour au
moment des faits.

Le soir du 5 décembre 2015, les pompiers, alertés par les soeurs de l'accusé, sans nouvelles de la famille, intervenaient au domicile familial, dans le 8e arrondissement de Lyon.

Dans différentes pièces de l'appartement sens dessus dessous, ils découvraient les corps lardés de coups de couteau de Layina, 6 ans, Kaïs, 2 ans, Djalil et Djessym, âgés de 5 et 17 mois. Puis dans la chambre du couple,
à la porte défoncée, celui de leur mère, Caroline Geoffroy, 32 ans, dissimulé sous un tas de linge.

Outre trois flasques de whisky vides, les enquêteurs retrouvaient un long couteau de cuisine maculé de sang, tandis que Yassine Mechta reste prostré.

En garde à vue, il détaillait les meurtres et assurait avoir voulu se suicider à plusieurs reprises, sans y parvenir.

Selon les enquêteurs, les meurtres auraient été commis entre le 28 novembre et le 3 décembre 2015, date à laquelle Djamel Mechta, 49 ans, frère de l'accusé, avait été découvert tué à coups de couteau dans sa chambre d'un foyer social à Vénissieux.

En garde à vue, Yassine Mechta reconnaissait aussi ce meurtre, expliquant s'être rendu chez son frère pour chercher des médicaments afin de se suicider.

Selon une experte psychiatre entendue par la cour lundi, la personnalité du père de famille présente une "tonalité paranoïaque" et une "jalousie meurtrière" mais "aucun élément délirant". Elle a conclu que l'accusé avait
son discernement "altéré" au moment des faits.

Le couple vivait, selon elle, dans "un cycle de violences" caractéristique des cas de violences conjugales.

Yassine Mechta encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Verdict attendu vendredi.


Avec AFP




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