Lyon 1ère

Soupçons de pédophilie sur des enfants handicapés en Isère: l'enquête relancée

Mercredi 14 Décembre 2016

Classée au printemps, une enquête sur des soupçons d'agressions sexuelles dans un établissement pour jeunes handicapés, en Isère, a été relancée cet automne par l'ouverture d'une information judiciaire.

Les parents de quatre victimes présumées ont déposé plainte avec
constitution de partie civile et un magistrat instructeur a été nommé fin
septembre à Grenoble, a annoncé leur avocat, Me Bertrand Sayn, lors d'une
conférence de presse mercredi à Lyon. Les familles seront entendues en février.

"Cette affaire ne pourra pas être mise sous le tapis", s'est félicité l'avocat. Car pour lui, l'enquête préliminaire classée sans suite par le parquet, début mai, "n'a pas du tout été à la hauteur" des attentes des familles.

Tout démarre en avril 2015 avec l'incarcération provisoire d'un éducateur spécialisé travaillant à l'Institut médico-éducatif (IME) de Voiron, pour détention d'images pédopornographiques, dans le cadre d'une première procédure.

Rapidement, plusieurs signalements remontent sur des suspicions
d'agressions sexuelles et une nouvelle enquête est ouverte. Au total, 11 enfants et adolescents, filles et garçons, auraient été victimes des
agissements de trois éducateurs spécialisés, qui nient les faits, entre 2012 et 2015 - un seul des cas est plus ancien.

En classant l'affaire il y a sept mois, le parquet avait expliqué que l'audition des enfants par les gendarmes de la Brigade de prévention de la
délinquance juvénile avait été "très difficile", qu'aucune accusation
cohérente n'en était ressortie et que des examens médicaux n'avaient établi aucun signe d'agression sexuelle.

Mais les quatre familles qui poursuivent "le combat judiciaire" avec des associations sont convaincues que leurs enfants, âgés de 13 à 23 ans
aujourd'hui et dont certains sont autistes, n'ont pas brutalement changé de comportement pour rien - crises d'angoisse, refus d'aller à l'école, etc. - et qu'ils disent la vérité.

"Un autiste est incapable de fabuler", a affirmé une mère, mercredi, devant
la presse. "Je crois la parole de mon fils", a dit une autre en racontant
comment il était rentré un jour de l'institut "complètement déstabilisé", en pleurant, en se tapant la tête contre les murs, en montrant ses fesses et en
disant "mal", avant de donner le nom d'un éducateur.

Celui mis en cause pour la détention d'images pédopornographiques,
précisément. Il est aussi visé par le plus grand nombre de plaintes et son nom est déjà apparu, dans le passé, dans deux affaires de viol sur mineur, selon l'avocat des parents.

Me Sayn pointe également les conditions, "déplorables" à ses yeux, dans lesquelles les victimes présumées ont été entendues: par des enquêteurs spécialistes de l'enfance et non par des experts du handicap, qui plus est dans les locaux de l'IME et en présence d'autres éducateurs.


Avec AFP





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