Lyon 1ère

Tête de sanglier devant une mosquée: prison avec sursis pour deux jeunes

Jeudi 5 Octobre 2017

Ils avaient accroché une tête de sanglier à la porte de la petite salle de prière musulmane de Pont-de-Beauvoisin (Isère): deux jeunes du village ont été condamnés jeudi en correctionnelle à 3 et 6 mois de prison avec sursis.

Les deux jeunes de 20 et 22 ans étaient poursuivis pour provocation à la haine raciale en lien avec la religion devant le tribunal correctionnel de
Bourgoin-Jallieu.

Ils avaient reconnu les faits en garde à vue puis lors de l'audience en septembre, invoquant une "mauvaise blague" sur fond de soirée trop alcoolisée.

Fin juillet, circulant dans une voiture avec trois amis, ils avaient percuté un sanglier. Après avoir ramassé l'animal mort, ils l'avaient dépecé et congelé la viande.

L'un des jeunes avait alors proposé de déposer la tête devant la salle de
prière qui, sans aucun signe ostentatoire, est toutefois connue de tous dans ce village de 3.500 habitants du Nord-Isère.

Seul le co-prévenu de 23 ans avait accepté l'idée, tandis que les trois
autres s'étaient désolidarisés de l'entreprise.

Au matin, des fidèles estomaqués avaient fait la sanguinolente découverte en venant pratiquer leur
culte.

Les enquêteurs n'avaient pas mis 48 heures pour retrouver les auteurs de
cette provocation, un délit passible de cinq ans d'emprisonnement.

Outre la peine de prison avec sursis, les deux coupables devront verser
2.000 euros à l'Association du Juste milieu, qui gère le lieu, et 2.000 euros
au Collectif contre l'islamophobie en France, qui s'étaient constitués parties
civiles. Ils devront aussi payer 1.000 euros de frais de justice.

Enfin, un communiqué exposant leur condamnation sera affiché à proximité de la porte de la salle de prière.

"Je suis satisfait, c'est une peine juste et suffisamment ferme et pour ces
actes-là, il y a une réponse judiciaire", a déclaré à l'AFP Me Youcef Idchar,
avocat de l'association cultuelle.

"Les deux condamnés ne sont pas des skinheads, ni des militants aguerris
d'extrême-droite, ils sont assez jeunes et cela s'est passé dans un contexte
alcoolisé", a rappelé l'avocat, dénonçant toutefois un "acte préparé" qui ne s'était "pas fait sur un coup de tête".

Me Idchar a également rappelé que celui qui avait joué les chauffeurs avait
adressé une lettre d'excuses à l'association avant le procès, tandis que le second s'était contenté d'excuses à la barre qu'il a qualifié "d'excuses de circonstance".



Avec AFP





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