Lyon 1ère

Un an ferme requis contre un élu FN de la Loire pour violences volontaires

Jeudi 8 Mai 2014

Un an ferme requis contre un élu FN de la Loire pour violences volontaires
Deux ans de prison, dont un an avec sursis, ont été requis à l'encontre d'un conseiller municipal FN de Saint-Chamond, jugé pour violences volontaires après avoir tenté d'échapper à un contrôle de policiers en civil pris pour des agresseurs.
 
Le procureur de la République de Saint-Etienne Jean-Daniel Regnauld a également réclamé 18 mois de suspension du permis de conduire et 150 euros d'amende par infraction routière de la part de Franck Descours.
 
Le jugement a été mis en délibéré au 21 mai.
 
Le magistrat a estimé que les faits de "violence volontaire avec arme par destination (sa voiture) sur personnes dépositaires de la force publique et de refus d'obtempérer" étaient constitués.
 
En revanche, il s'est montré plus réservé sur la réalité des faits de "rébellion" décrits par certains policiers, qu'il a "laissés à l'appréciation du tribunal".
 
"Je pense que les policiers s'étaient annoncés comme tels car c'est la procédure régulière", a déclaré M. Regnauld, ajoutant : "Je suis personnellement pour l'équipement de tous les policiers avec des caméras" pour supprimer ce type de contestation.
 
"Dans ce pays, à partir du moment où vous avez un gyrophare et un klaxon deux tons c'est la police", a-t-il lancé.
 
L'avocat de Franck Descours a demandé la relaxe de son client, affirmant que "les témoignages des policiers sont mensongers quand ils disent que dès le départ ils se sont annoncés comme tels".
 
Il a insisté sur le fait que son client avait "évité toute collision avec les fonctionnaires à pied ou en voiture, en montant sur un talus et sur un trottoir durant la course-poursuite", ajoutant que sa panique avait été accrue
lorsque une lampe torche lancée par un policier avait fait éclater la vitre du conducteur.
 
Le 12 mars dernier, Franck Descours, tête de liste du Font national à l'élection municipale de Saint-Chamond, collait des affiches sur ses panneaux électoraux lorsqu'une unité de la brigade anti-criminalité (Bac) à la recherche de braqueurs d'une station service avait voulu le contrôler.
 
Ne voyant pas de signe d'appartenance à la police, Franck Descours et ses trois colistiers sont montés à bord de sa "Peugeot 106" essayant de semer ceux qu'ils ont pris pour des agresseurs.
 
Le jeune élu, boucher-traiteur de profession, a déclaré avoir "eu peur", comme l'ont confirmé ses passagers. Il n'a stoppé son véhicule qu'après une course-poursuite de cinq à dix minutes dans les rues de Saint-Chamond, où il était poursuivi par trois voitures de la Bac.
 
Entretemps, une passagère avait joint avec son portable le commissariat de Saint-Etienne qui lui avait répondu que leurs poursuivants étaient de "véritables policiers".
 
Le 30 avril, Franck Descours a déposé une plainte avec constitution de partie civile pour "faux en écritures publiques et violences volontaires en réunion" auprès du doyen des juges d'instruction de Saint-Etienne contre les 11 policiers, partie civile à l'audience, qui ont participé à l'opération.
 
Il reproche notamment à l'un des trois policiers qui l'ont interpellé de l'avoir frappé d'un coup de pied alors qu'il était au sol.

Avec AFP

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