Lyon 1ère

Violences en marge d'OL-CSKA Moscou: quatre supporters plaident "l'effet de groupe"

Mercredi 30 Mai 2018

Ils ont invoqué "l'effet de groupe": des peines
de 18 mois de prison, ferme pour l'un et avec six mois de sursis pour les autres, ont été requises mercredi à Lyon à l'encontre de quatre des supporters interpellés en marge du match d'Europa League Lyon-CSKA Moscou en mars.

Trois ans d'interdiction de stade et un stage de citoyenneté ont également été requis pour chacun.

Peu avant la rencontre, le 15 mars, une centaine de personnes, vêtues de noir et capuchées, avaient lancé des projectiles sur des policiers de la brigade anticriminalité, chargés de sécuriser les abords du Groupama Stadium.

L'un d'eux, tombé au sol, avait été roué de coups et un véhicule de la police avait été dégradé.

Jugés notamment pour "violences volontaires en réunion sur personne dépositaire de l'autorité publique", les quatre supporters ont reconnu avoir jeté des canettes ou des cailloux, mais ils ont tous nié avoir porté des coups au policier.

« Au moment où ça se produit, je suis pris dedans », a déclaré à la barre l'un d'eux, apprenti pâtissier de 19 ans, sans antécédent judiciaire.

"Même chose, l'effet de masse. La capuche, ça fait aussi partie de l'effet de groupe", a abondé un autre prévenu, âgé de 37 ans, père de deux fillettes.

"Je vois ce policier au sol et je viens l'enjamber, je me couche au-dessus
de lui et je repousse les personnes. A aucun moment, je ne lui porte de coups", a affirmé cet autoentrepreneur.

Estimant que ce dernier a été "en première ligne" pour commettre des violences sur le policier à terre -ce qu'il nie- le procureur Olivier Rabot a réclamé la peine la plus lourde contre lui. Une peine identique à celle
prononcée le 19 mars contre un autre supporter lyonnais.

A l'audience, la victime a assuré que le supporter venu à son secours n'avait "pas la même corpulence et pas la même tenue vestimentaire" que le prévenu.

L'avocat de ce dernier, Me Fabien Rajon a plaidé que son client tenait "les mêmes propos depuis le début de l'affaire". "C'est peut-être simplement parce que c'est la vérité", a-t-il suggéré.

Le procureur a soutenu la "coaction" des quatre supporters, estimant que "tous appartenaient au groupe qui a commis ces exactions".

Il a également réclamé que le sursis d'un des trois prévenus, ayant déjà trois mentions à son casier judiciaire, soit assorti d'une mise à l'épreuve.

Fustigeant un "prix de groupe", l'un des avocats de la défense, Me Henri Parado, a dénoncé la notion de "coaction pour sanctionner tout le monde parce qu'on ne sait pas qui a fait quoi".

Côté partie civile, Me Laurent Bohé a rappelé que la scène a duré "moins de trois minutes" et a été "extrêmement violente".

Cette audience intervient la veille de la réunion de la commission de discipline de l'UEFA pour étudier les graves débordements survenus en marge du match Lyon-CSKA Moscou, tandis que l'OL est déjà sous le coup d'une exclusion de toute compétition européenne avec sursis.

Le tribunal correctionnel de Lyon rendra son jugement le 28 juin.


Avec AFP





 

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