Lyon 1ère

Violences obstétricales: les professionnels veulent encourager le projet de naissance

Jeudi 19 Octobre 2017

Les professionnels de la naissance, réunis en congrès à Lyon, proposent de mieux lutter contre les violences obstétricales, notamment en généralisant la visite pré-natale destinée à construire un projet
de naissance avec les parents.

La Société française de médecine périnatale (SFMP), qui réunit tous les
professionnels de la naissance - des gynécologues aux pédiatres - a formulé ce jeudi des recommandations, en marge de son 47e congrès annuel, pour lutter
contre ces violences qu'elle reconnaît mais estime minoritaires.

Pour eux, le problème principal est la communication. Aussi, faut-il rétablir la "sécurité émotionnelle", pointe Corinne Dupont, sage-femme et
membre du conseil scientifique de la SFMP, lors d'une conférence de presse.

Pour y parvenir, il conviendrait de généraliser l'entretien prénatal et
encourager les futurs parents à formuler des projets de naissance alors que, selon les derniers chiffres de l'Inserm, seules 20% des femmes ont exprimé un projet particulier pour leur accouchement.

Le projet de naissance est un document écrit précisant des souhaits quant au déroulement de l'accouchement: avec ou sans péridurale, position de l'accouchement, consentement ou non à une éventuelle épisiotomie, place du
papa, déroulement des premières minutes après la naissance et même la musique souhaitée.

La SFMP insiste également sur l'importance des cours de préparation à l'accouchement car si 80% des femmes les suivent pour un premier enfant, elles ne sont qu'une sur trois ensuite, relève Corinne Dupont. Car ces cours sont des moments d'échange où il est possible d'expliquer au calme des gestes faits parfois dans l'urgence et mal expliqués et compris.

Le corps médical souhaite également la diffusion de fiches d'information,
une meilleure formation des professionnels pour favoriser "le comportement autonomiste" plutôt que le "paternalisme", et une meilleure prise en charge des femmes ayant subi des traumatismes.

La dernière enquête nationale périnatale, publiée le 11 octobre, montre que des épisiotomies ne sont plus pratiquée que dans 20% des accouchements, contre 27% en 2010.

Elle met aussi en exergue le recul des taux de césarienne avant travail de 11 à 9% et une baisse de l'administration d'ocytocine (pour accélérer le travail) de 58 à 44%. Le taux global de césarienne ressort stable à 20%, celui de déclenchement à 22%.

D'une manière générale, les femmes se disent à 96,6% satisfaites ou plutôt
satisfaites de la prise en compte de leurs souhaits pendant l'accouchement.

Cette enquête a été réalisée en mars auprès de 15.000 femmes qui venaient
d'accoucher.


Avec AFP








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